Lustucru Saint-Genis-Laval : "nous ne voulons plus mourir au travail"

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Photo d'archives de l'usine Lustucru de Saint-Genis-Laval, dans le Rhône, le 21 novembre 2012. © JEFF PACHOUD / AFP

Photo d'archives de l'usine Lustucru de Saint-Genis-Laval, dans le Rhône, le 21 novembre 2012. © JEFF PACHOUD / AFP

 

Déclaration de la section du PCF Pierre-Bénite suite à l’accident mortel survenu à Lustucru

 

Un jeune salarié en emploi intérimaire depuis trois mois et en équipe de nuit, est mort d’un accident du travail dans la nuit de vendredi, dans l’entreprise Lustucru à Saint-Genis-Laval.

 

Les communistes de notre ville, présentent leurs sincères condoléances à sa famille et à ses collègues de travail traumatisés-es et dont certains-es sont en colère estimant que le travail est déjà très dur pour gagner sa vie mais refusent de mourir au travail.

 

Sans autre information, dès vendredi dans la nuit, la direction de l’établissement a décidé de fermer l’entreprise jusqu’à nouvel ordre, sans prendre la précaution d’informer les élus-es du personnel et les syndicats tant sur l’accident que sur les conditions de rémunérations des salariés privés de travail.

 

Une enquête de police est en cours sur le site afin de déterminer les circonstances de ce grave accident du travail qui a conduit à une mort effroyable et les responsabilités qui en découlent sachant que la responsabilité première d’un tel accident mortel relève en tout premier lieu de l’entreprise et de sa direction, « c’est la faute inexcusable de l’employeur » comme le précise le code du travail.

 

Un CSE de l’établissement Lustucru Saint-Genis-Laval a lieu cet après midi, il sera suivi d’un CSE Central avec la présence des différents établissements (St Genis-Laval - Lorette – Communay- Siège social de Lyon) où des arrêts de travail ont eu lieu en solidarité avec les salariés de Saint-Genis-Laval.

 

L’inspecteur du travail sera présent et devrait aider les élus-es du personnel à mener leurs actions sociales et juridiques afin que justice soit rendue à ce jeune salarié décédé au travail. Nous espérons que la plus grande transparence sera la règle de ces deux réunions des institutions représentatives du personnel et qu’avec le concours de l’inspecteur du travail, le CSE de Saint-Genis-Laval pourra mener sa propre enquête avec sa commission CHSCT !

 

Lustucru d’origine française, appartient au groupe espagnol Ebro Foods, numéro 1 mondial du riz et premier groupe agroalimentaire en Espagne. Il est un des leaders du marché des pâtes fraîches en Europe, aux USA et au Canada. Il réalise un chiffre d’affaires de 2,4 milliards d’€ et est implanté dans 71 pays avec 52 sites industriels. C’est ce qu’on appelle une multinationale dont les premiers critères de gestion sont la productivité, l’utilisation maximale des machine (24h sur 24), la précarisation de l’emploi à outrance pour renouveler une main d’œuvre rapidement fatiguée et prématurément usée, pour la rentabilité financière et dégager aux actionnaires de confortables dividendes.

 

Ce sont de tels critères pleins d’inhumanité qui sont la cause de l’usure des salariés, de leur stress, des accidents du travail et des morts au travail. De ce point de vue, il est effarant de constater que la France bat chaque année le record de décès au travail (764 en 2024) soit en moyenne de 4 par jour. Ce sont autant de vies perdues, de familles endeuillées, de traumatisme.

 

Derrière chaque décès, il y a une entreprise qui n’a pas rempli son devoir de protection, un État qui n’a pas imposé des règles de sécurité strictes, et un système qui tolère l’inacceptable. C’est une véritable crise de la sécurité au travail. Ces drames sont le résultat d’un choix politique : celui de sacrifier la santé et la sécurité des travailleurs sur l’autel de la rentabilité. La liberté d’entreprendre vue à la sauce libérale, subordonne toute autre situation y compris la santé-sécurité au travail.

 

Les communistes s’engagent à combattre cette logique impitoyable, à apporter toute leur solidarité et l’aide nécessaire à la famille du défunt, aux salariés de Lustucru et à leurs syndicats afin que justice soit rendue à leur collègue de travail et qu’ils n’aient plus à revivre un tel traumatisme.

 

Pierre-Bénite le 20 avril 2026

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