Tansports : une loi de classe ! Par Marianne Margaté

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Tansports : une loi de classe ! Par Marianne Margaté
 
 
"La loi-cadre transports est examinée au Sénat. Des articles vides, une programmation renvoyée aux calendes. Pendant ce temps, le Conseil d'Orientation des Infrastructures chiffre le mur d'investissements à 220 milliards sur dix ans, et le gouvernement propose d'indexer les tarifs sur l'inflation — autrement dit, de faire payer encore davantage celles et ceux qui n'en peuvent plus.
 
 
Derrière la technique, la logique est limpide : transférer la richesse collective vers des actionnaires privés. En Seine-et-Marne, les travailleurs paient deux fois. Par l'impôt, qui finance les gares et les technicentres. Par l'abonnement, qui grimpe chaque année.
 
 
Et pendant ce temps, les concessionnaires autoroutiers engrangent des milliards de dividendes — que le texte se garde bien de mobiliser avant 2032. Les opérateurs privés, eux, se positionnent sur les sillons rentables et abandonnent au public les dessertes rurales, les trains du quotidien, le fret, tout ce qui fait société sans rémunérer le capital.
 
 
Les retards du RER D, les pannes des lignes R et P, la maintenance à bout de souffle : rien de tout cela ne tombe du ciel. Décennies de sous-investissement, priorité absolue à la rentabilité de court terme, voilà ce que nous récoltons aujourd'hui sur les quais de Melun, de Meaux, de Chelles ou de Montereau.
 
 
Notre pays ne se donne même plus les véritables moyens d’une maintenance régulière et efficace qui diminue les risques de dégradation majeure, évitant ainsi des rénovations coûteuses en urgence. Ainsi, à titre d’exemple, la SNCF ne dispose que d’un train de Boa 812 pour tout le territoire national alors que celui-ci régénère très rapidement de longues sections de voies, minimisant les interruptions de service. De ce manque de moyens de maintenance, combiné à un manque de transports de substitution pendant les travaux, découlent des « couvres feux » ferroviaires qui durent notamment en Seine-et-Marne depuis des années.
 
 
Dans le 77, cette logique a des visages précis. La ligne Provins–Villiers-Saint-Georges, fermée depuis septembre 2023 faute de régénération. Six semaines de coupure annoncées cet été entre Coulommiers et Tournan, et 7,5 km de rails vieux de 90 ans enfin remplacés entre Meaux et La Ferté-Milon. Il y a aussi le CDG Express, qui ouvrira le 28 mars 2027 : une ligne privée à 24 € le trajet, financée à grands coups d'argent public, qui traversera le nord du département sans s'y arrêter et captera des sillons sur l'axe saturé du RER B. Du transport premium pour les voyageurs d'affaires, du transport dégradé pour les salariés de Roissy.
 
 
Et puis il y a le fret ferroviaire, démantelé le 1er janvier 2025 sur injonction de Bruxelles : Fret SNCF est devenu Hexafret et Technis, 23 flux rentables cédés à la concurrence, 500 emplois supprimés. Résultat : 9 % du tonnage en France, contre plus de 30 % en Suisse. Des millions de tonnes reportées sur la route, au prix de notre climat et de nos poumons.
 
 
L'alternative existe. Un État stratège plutôt qu'un État comptable. Une meilleure modulation du versement mobilité. Une taxe renforcée sur les bureaux franciliens pour irriguer tout le pays. Le fléchage de la TICPE vers le rail. L'arrêt de la privatisation et de la mise en concurrence qui étouffent le service public.
 
 
Car le rail est un bien commun."
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