40ème congrès du PCF : Exigeons partout des débats de congrès ouverts et équitables !

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

40ème congrès du PCF : Exigeons partout des débats de congrès ouverts et équitables !

 

D’ici le vote des communistes des 6 et 7 juin, le temps de congrès est un moment dédié au choix , en toute connaissance de cause, du texte qui leur paraît le meilleur pour devenir la base du travail commun d’enrichissement et d’amendement qui aura lieu au mois de juin.
 

Il faut d’abord tordre le cou à une représentation déformante de cette procédure, assez largement relayée, selon laquelle il y aurait d’un côté « la base commune du CN » à amender et enrichir, et de l’autre des « textes alternatifs » de division, à prendre en bloc ou à laisser, constituant des obstacles à la construction de l’unité des communistes.
La réalité de ce moment de congrès, c’est qu’il n’y a pas de base commune jusqu’au vote des communistes, mais un choix à faire entre le projet de base commune voté par 74 membres du CN (sur 183, soit 39%), et trois autres projets de base commune alternative.
 Présenter le statut de la procédure actuelle autrement qu’un choix à faire entre quatre projets, c’est donner à la base commune présentée par le CN une légitimité qu’elle n’a pas. Souvenons-nous du 38ème congrès de 2018, où il y avait aussi 4 textes, c’est bien le vote des communistes, différent de celui du CN, qui a décidé de la base commune à amender !

 

Un autre élément perturbe l’ouverture en grand des débats de congrès dans les sections et les fédérations : c’est la peur de voir le parti communiste sombrer en une organisation en tendances, symbole d’une organisation social-démocrate parce-que contradictoire avec l’efficacité requise pour un parti « révolutionnaire ».
 

Peut-être faut-il d’abord revenir sur ce qu’est une tendance ? On entend par là un groupe organisé dans la durée, avec des réunions régulières, des textes et des supports de diffusion spécifique, une incarnation dans un ou quelques leaders, et des listes séparées aux candidatures internes.
 

L’existence d’un texte alternatif n’est pas en soi une preuve de l’existence de « tendance » : celui de « Résister et Construire » est soutenu par des camarades qui, pour une bonne part, ne se sont jamais réunis préalablement dans une structure commune. En revanche, il y dans le parti des réseaux organisés, proches de la structure de tendance qui, eux, n’ont pas produit de texte alternatif.
 

Mais, avant tout autre considération, il faut prendre conscience que se voiler la face au lieu de regarder le parti tel qu’il est aujourd’hui ne pourrait qu’aggraver nos difficultés, peut-être jusqu’au risque vital : notre parti est traversé par des sensibilités diverses, que la complexité des situations nationale et internationale d’une part, mais aussi des pratiques de fonctionnement évitant les débats n’ont fait qu'amplifier. Vouloir, dans l’état actuel du parti, faire disparaître les textes alternatifs, c’est proposer de casser le thermomètre, ce qui n’a jamais permis de faire baisser la température.
 

Pour ce 40ème congrès, le débat de fond sur les orientations, le projet, la stratégie passe nécessairement par l’existence de textes alternatifs pour diverses raisons :
 

1) l’agenda volontairement très serré du congrès a fait que le CN n’a eu que trois jours pour amender un projet de plus de 40 pages ! Il n’y a pas eu de véritable travail de co-élaboration dans cette instance de direction, organe central de décision selon nos statuts.
 

2) La commission de congrès n’a pas tenu compte de la diversité existante dans le parti, ni dans sa constitution, ni dans ses modalités de travail. C’est si vrai que certains membres de cette même commission, de façon assez paradoxale, viennent de cosigner une tribune qui appelle à des modifications importantes du projet de base commune qu’elles et ils ont coécrit et/ou voté, dans un appel à une réflexion sur nos orientations et notre pratique politique qui n’est pas sans rappeler ce que nous portons dans notre texte « Résister et construire » !
 

3) Cette situation est l’aboutissement d’un mode de fonctionnement qui depuis six ans n’a pas unifié le parti :
 

- en faisant des instances de direction des chambres d’enregistrement ;
- en consacrant l’essentiel de l’énergie militante aux élections ;
- en renonçant à impulser des batailles politiques nationales susceptibles de donner une perspective de transformation aux luttes revendicatives;
- en mettant de fait, à l’écart, celles et ceux qui portaient l’exigence d’une réorientation dans un esprit de critique constructive.

 

Il est vital pour un parti qui se donne une ambition révolutionnaire de ne pas reculer devant le nécessaire débat de fond, alors qu’il y a tant d’interrogations et de doute. Notre démarche, à la différence de celles et ceux qui veulent faire du congrès un plébiscite pour ou contre le secrétaire national, veut qu’il porte sur le contenu : enjeux d’orientation et fonctionnement.
 

Il est vital que les communistes puissent très largement s’approprier les textes, comprendre les débats qui traversent le PCF, saisir les différences d’approches proposées par les textes. C’est ainsi que se construira un parti acteur, où les adhérent.e.s éclairés sur les enjeux se mobiliseront et iront hardiment à la rencontre des citoyen.ne.s. C’est ainsi que nous pourrons faire bouger les lignes à l'élection présidentielle.
 

Or, les conditions dans lesquelles se déroule la préparation du congrès dans un certain nombre de sections et de fédérations sont organisées de telle manière qu’un vrai débat sur les textes, ouvert, démocratique et équitable n’ait pas lieu.
 

Les textes alternatifs se sont alignés sur le format de la base commune proposée par le CN, il en résulte un livret de congrès lourd de 135 pages. Nous connaissons les grandes difficultés d’appropriation individuelle par la lecture que cela implique, il est donc crucial d’en organiser l’appropriation par oral, dans des réunions collectives de nos organisations.
 

Or, on apprend qu’ici ou là, le ou la secrétaire de section ou de fédération lira seulement le résumé des textes alternatifs, pendant que l’exposé approfondi concernera le seul projet du CN. Ou encore, telle direction fédérale refuse que les présentations des textes soit faites par les camarades signataires, et le fera elle-même, sous l’argument d’une présentation « impartiale » et « objective », s’autoproclamant ainsi capable de s’abstraire de la subjectivité de son propre choix et de présenter les motivations et les objectifs des autres textes que mieux que les signataires eux-mêmes !!!
 

Ce n’est pas sérieux, ce n’est pas conforme à l’exigence démocratique qui devrait prévaloir dans ce moment de congrès !
 

Les expériences de débat sur les textes, qu’heureusement des sections et des fédérations organisent dans des conditions « normales », c’est-à-dire où ce sont des camarades convaincus qui présentent le texte qu’ils défendent, montrent à quel point la frilosité et la peur du débat sont malvenues. Nous en avons des retours très positifs : les camarades, tous les camarades, sont satisfaits d’une confrontation orale, vivante, de points de vue, et du débat qui suit, car ce moment de formation collective fait progresser tout le monde sur les enjeux complexes de la situation actuelle et sur les changements à réaliser dans notre pratique politique, et ce, quel que soit la position de chacun.e à l’issue du débat
 

De plus, dans ces débats, les camarades qui défendent les textes en présentiel ont à cœur de le faire sereinement et fraternellement. Si cette culture du débat interne respectueux n’est pas encouragée, le substitut en sera nécessairement un déchaînement amplifié sur les réseaux sociaux.
 

C’est pourquoi il est vital et urgent de déverrouiller l’organisation du choix de la base commune qui est fait dans certaines de nos organisations.
 

1- Nous lançons un appel à nos signataires pour qu’ils exigent de leurs sections et fédérations l’organisation de réunions sur les textes, avec des présentations faites par les camarades qui les soutiennent, et le cas échéant, un appel à des personnes extérieures à la section ou la fédération pour le faire. Aucune organisation du parti ne devrait se sentir autorisés à refuser de tels débats.
 

2-Nous saisissons le CEN et la commission de transparence des débats, pour qu’un rappel clair soit lancé aux fédérations sur la nécessité d’un débat ouvert, équitable et non biaisé, afin que les communistes pussent voter à l’issue d’un débat convenablement instruit.

 

Les initiateurs du projet : "Résister et construire"


 


 


 

Publié dans 40ème congrès, PCF

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