Liban, Iran, Taïwan… la paix est-elle possible ? Par Francis Wurtz

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Photo d'une explosion israélienne sur le Sud Liban

Photo d'une explosion israélienne sur le Sud Liban

 

Que ce soit au Liban, en Iran et dans le golfe Persique, ou encore à Taïwan, une paix durable est parfaitement possible. Mais à quel prix ?

 

Le Liban, tout d’abord, pris dans une nasse dont on parle trop peu. « Beyrouth face au piège : un plan américain de désarmement ou une (nouvelle) guerre élargie », titrait le 13 mai le grand quotidien libanais « l’Orient-le Jour ». Relayant fidèlement les injonctions de Netanyahou, Washington réitère, en effet, auprès des autorités libanaises l’exigence de retirer les armes au Hezbollah, sous peine de subir un nouveau déferlement de mitraille de la part d’Israël. Les « négociations » entre le Liban occupé et l’occupant israélien se sont déroulées dans cet esprit – à Washington – et ont abouti dans l’immédiat à une prolongation de quarante-cinq jours du « cessez-le-feu », aussitôt violé par Israël, comme ce fut systématiquement le cas depuis le début de la « trêve », il y a un mois.

 

Rappelons que le gouvernement libanais a recensé pas moins de… 1744 frappes aériennes, tirs d’artillerie, dynamitages, tirs d’obus phosphoriques, etc., en l’espace de vingt-deux jours, touchant de nombreux civils, des journalistes et des équipes de secours, au mépris du droit international humanitaire et des conventions de Genève. Quant au Hezbollah – né en 1982 à la suite de l’occupation (déjà !) du Liban par Israël –, le lancement de ses roquettes sur le nord d’Israël doit naturellement cesser.

 

Mais son désarmement, s’il est souhaitable – par la négociation – dans un Liban souverain et démocratique, est tout simplement irréaliste tant qu’Israël occupe et ravage le pays !

 

Pour qui recherche une paix durable, la pression prioritaire – sanctions et négociations – doit donc être exercée sur celui qui est à l’origine du problème : le pouvoir israélien.

 

L’Iran et le Golfe, ensuite, où le pire n’est, hélas, plus exclu. L’hypothèse de la possession à moyen terme par Téhéran de l’arme nucléaire constitue, certes, un problème réel, comme toute prolifération de cette arme, en général. Mais à ce stade, il s’agit d’un prétexte pour justifier l’escalade de la guerre sans issue dans laquelle s’enlise « l’armée la plus puissante du monde ».

 

Rappelons que le problème du nucléaire iranien avait été réglé pour longtemps par l’emblématique négociation internationale de 2015 et son corollaire : la levée des sanctions contre l’Iran. Quiconque recherche une paix durable dans la région doit agir pour un retour à la seule voie praticable : celle de la négociation.

 

Taïwan enfin, dont il est beaucoup question depuis le voyage de Donald Trump en Chine. Si une reconquête militaire de l’île est à proscrire, le fait qu’il n’y a « qu’une seule Chine » – et donc que Taïwan ne saurait être considéré comme « indépendant » – est un principe quasi unanimement admis par la communauté internationale, États-Unis et Union européenne compris. Qui sait, du reste, que le parti de l’actuel leader « indépendantiste » de l’île est… minoritaire au Parlement de Taipei ?

 

L’autre grand parti de l’île (KMT) bloque, à l’inverse, au Parlement le projet d’achat d’armes américaines pour 40 milliards de dollars !

 

Sa cheffe souhaite « la paix et la réconciliation » avec Pékin, où elle s’est d’ailleurs rendue le mois dernier. Non aux armes, oui au dialogue ! N’écoutons pas les va-t-en guerre : une paix durable est possible !

 

Chronique de Francis Wurtz Publiée dans l'Humanité

Publié dans Paix, PCF

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