Téhéran met Trump au défi de choisir entre un « mauvais accord » ou une opération militaire « impossible »

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Téhéran met Trump au défi de choisir entre un « mauvais accord » ou une opération militaire « impossible »

 

Ce dimanche 3 mai, l’Iran a mis les États-Unis au défi de choisir entre une opération militaire « impossible » ou un « mauvais accord » dans le conflit en cours au Moyen-Orient, après que Trump a averti qu’il risquait de ne pas accepter une nouvelle proposition de règlement de Téhéran.

 

Une opération militaire « impossible » ou un « mauvais accord » ? Téhéran met Trump face à ce choix, après que ce denier a averti qu’il risquait de ne pas accepter une nouvelle proposition de règlement de l’Iran. La situation entre les deux pays est toujours dans l’impasse depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de bombardements israélo-américains sur l’Iran et de représailles de Téhéran dans la région.

 

Les efforts diplomatiques ont échoué à relancer les pourparlers directs infructueux tenus à Islamabad le 11 avril, tant les divergences restent fortes, du détroit d’Ormuz au volet nucléaire. « La marge de manœuvre des États-Unis en matière de prise de décision s’est réduite » et Trump doit choisir entre « une opération militaire impossible ou un mauvais accord avec la République islamique » », a déclaré le service de renseignement des Gardiens de la Révolution dans un communiqué.

 

L’organe du corps des Gardiens invoque notamment un « ultimatum » iranien concernant le blocus américain des ports du pays, et un « changement de ton » de la Chine, de la Russie et de l’Europe envers Washington. « Les États-Unis sont le seul pirate au monde à posséder des porte-avions. Notre capacité à affronter les pirates n’est pas moindre que notre capacité à couler des navires de guerre. Préparez-vous à voir vos porte-avions et vos forces finir au cimetière », a de son côté menacé sur X Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la révolution nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

 

Un plan en 14 points transmis par Téhéran à Washington

 

Le président américain a affirmé samedi qu’il allait « étudier un plan que l’Iran vient de nous transmettre ». « Mais je ne peux m’imaginer qu’il soit acceptable, parce que (les Iraniens) n’ont pas encore payé un prix suffisant pour ce qu’ils ont fait à l’humanité et au monde depuis 47 ans » et la fondation de la République islamique, avait-il.

 

Des agences de presse iraniennes ont indiqué que l’Iran avait transmis à Washington, via le Pakistan, un plan en 14 points visant à mettre fin au conflit dans un délai de 30 jours. Selon l’agence Tasnim, Téhéran réclame un retrait des forces américaines des zones proches de l’Iran, la levée du blocus des ports iraniens et du gel des avoirs iraniens, le versement de réparations, la levée des sanctions, un « mécanisme » concernant le détroit d’Ormuz et « la fin de la guerre sur tous les fronts y compris au Liban ».

 

Sur ce dernier front, Israël a émis dimanche de nouveaux ordres d’évacuations « urgents » pour des localités situées au-delà du secteur qu’il contrôle dans le sud du Liban et désigne comme une « zone de sécurité ». La veille, l’armée israélienne avait mené une nouvelle série de bombardements qui ont fait au moins 3 morts dans le sud du pays.

 

Tasnim ne mentionne pas le dossier nucléaire. Or il s’agit d’une question centrale pour les États-Unis et Israël, qui accusent l’Iran de vouloir se doter de la bombe atomique – ce que le pays dément. L’Iran avait déjà transmis cette semaine un nouveau texte via le Pakistan, sans qu’aucun détail ne filtre.

 

Double blocus

 

La guerre a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ses répercussions continuent de secouer l’économie mondiale, avec des cours du pétrole montés à des niveaux inédits depuis 2022 – jusqu’à 110 dollars le baril ce dimanche. Le conflit perdure sous d’autres formes : Washington impose un blocus aux ports iraniens en riposte au verrouillage par Téhéran du détroit d’Ormuz, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

 

Interrogé par des journalistes samedi soir, Trump a refusé de préciser ce qui pourrait déclencher de nouvelles opérations militaires contre l’Iran. « S’ils se conduisent mal, s’ils font quelque chose de mal, mais pour l’instant, on verra », a-t-il déclaré. « Mais c’est certainement une possibilité. »

 

Le président avait théoriquement jusqu’à vendredi pour demander l’autorisation du Congrès de poursuivre la guerre. Il a préféré envoyer une lettre à des responsables parlementaires pour leur notifier que les hostilités contre l’Iran étaient « terminées », même si plusieurs élus démocrates ont souligné que la présence continue de forces dans la région indiquait le contraire.

 

La Rédaction de l'Humanité

Publié dans Iran, Trump

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