Trump menace une intervention militaire pour débloquer le détroit d'Ormuz !
Le président américain Donald Trump s’adresse à la presse depuis la Maison Blanche, le 1er mai 2026. © Xinhua/ABACAPRESS.COM
Tout juste après avoir fait savoir au Sénat américain que les hostilités avec l'Iran étaient terminées, Trump a annoncé la mise en place du « Projet Liberté » pour débloquer les navires coincés aux abords du détroit d'Ormuz depuis le début de la guerre. Cette opération militaire et guerrière, qui doit engager plusieurs milliers de soldats, est « considérée comme une violation du cessez-le-feu » par Téhéran.
Donald Trump avec cette provocation aurait-il trouvé un moyen ultime de mettre un terme au cessez-le-feu en annonçant une opération pour débloquer les navires stationnés aux abords du détroit d’Ormuz depuis deux mois.
Alors que l'armada navale américaine interdit la sortie du détroit aux navires iraniens, afin de ne porter la responsabilité de la violation du "cessez-le-feu" Trump a baptisé en toute modestie « Projet Liberté », l’opération militaire décrite comme « un geste humanitaire » par celui qui a déclenché la guerre avec l’Iran le 28 février et qui devrait débuter ce lundi.
Du côté de Téhéran, toute intervention des États-Unis dans le détroit d’Ormuz sera considérée comme une violation du cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.
« Une violation du cessez-le-feu »
Dès ce lundi matin, la marine états-unienne escortera donc des navires battant les pavillons de pays « qui n’ont rien à voir avec le conflit » selon les explications de Trump. Anticipant la réponse iranienne, il précise dans son message que celle-ci devra « malheureusement être traitée par la force » mais salue pour autant des discussions « très positives » avec Téhéran par l’intermédiaire du Pakistan.
Cette opération militaire devrait, selon un communiqué du commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), impliquer des destroyers lance-missiles, plus d’une centaine d’aéronefs et pas moins de 15 000 militaires.
Une nouvelle intervention guerrière qui n’est pas du goût de l’Iran : « Toute intervention américaine dans le nouveau régime maritime du détroit d’Ormuz sera considérée comme une violation du cessez-le-feu », a averti le président de la commission du Parlement iranien sur la sécurité nationale, Ebrahim Azizi.
Pour rappel, dès le début de la guerre, en riposte à l'agression américaine et israélienne, Téhéran a décidé de bloquer le stratégique détroit d’Ormuz afin de faire pression sur la communauté internationale. Depuis ce début du blocage, Téhéran a instauré des droits de passage de facto. Les Etats Unis refusant cette solution ont décidé à leur tour de bloquer la sortie de détroit afin de provoquer le blocus des ports iraniens.
Malgré ce nouvel acte de guerre américain, l’Iran a continué de paralyser le commerce mondial avec efficacité. Le 29 avril, selon les informations de l’entreprise de suivi maritime AXSMarine, on dénombrait 913 navires bloqués dans le Golfe, dont 270 pétroliers et une cinquantaine de méthaniers. Selon l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO, 20 000 marins sont actuellement coincés aux abords du détroit d’Ormuz.
En même temps, le prix du pétrole grimpe, atteignant des taux records depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Jeudi 30 avril, le baril de Brent, référence boursière mondiale en termes de carburants, a dépassé les 126 dollars pour finalement se stabiliser autour des 108 dollars ce lundi 4 mai sur les marchés asiatiques.
Une nouvelle proposition transmise par Téhéran
Alors qu'il suffit que Trump libère la sortie du détroit, pour que l'Iran fasse de même comme le demandent nombre de pays, Trump une nouvelle fois choisit la force et prend un prétexte fallacieux pour justifier son projet guerrier : « Beaucoup de ces navires subissent des pénuries de nourriture et de tout ce qui est nécessaire pour permettre aux équipages de rester à bord de façon saine », a-t-il affirmé. Déjà vendredi 1er mai, son administration mettait en garde les navires qui paieraient les autorités iraniennes pour franchir le détroit.
Dans la foulée, le conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei, a menacé d’envoyer les forces armées états-uniennes « au cimetière » et a qualifié Washington de « pirate ». Malgré le cessez-le-feu et des négociations délocalisées à Islamabad au Pakistan, la tension entre les deux pays ne faiblit alimentée par Trump qui ne veut pas perdre la face, pas en particulier sur la question du détroit.
Dimanche, la diplomatie iranienne a indiqué avoir transmis une nouvelle proposition à Washington et avoir reçu sa réponse.
Selon l’agence Tasnim, ce plan prévoirait le retrait des forces états-uniennes des zones proche de l’Iran, la levée du blocus des ports iraniens et du gel des actifs, le financement des réparations, la levée des sanctions, un « mécanisme » concernant le détroit d’Ormuz ainsi que « la fin de la guerre sur tous les fronts y compris au Liban ».
Un plan ambitieux au regard des conditions de Washington mais qui ne dit surtout rien sur la question nucléaire, grand prétexte de Donald Trump qui reste convaincu que Téhéran cherche à se doter de l’arme atomique.
Sources : l'Humanité
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