Une capitale bloquée et des milliers de mineurs dans la rue : en Bolivie, la pression sur le président Rodrigo Paz s’accentue
Élu en octobre, le président de droite Rodrigo Paz fait face à une première crise majeure. © AIZAR RALDES / AFP
Depuis son arrivée au pouvoir le 8 novembre, le dirigeant bolivien de droite traverse une contestation sans précédent. Enseignants, ouvriers, paysans, routiers, mineurs ont déclenché de fortes mobilisations et le blocage de La Paz, capitale administrative du pays. Ils réclament son départ face à une forte inflation, une pénurie de carburants et des choix économiques au détriment des plus précaires.
Depuis deux semaines, le mécontentement gagne de l’ampleur en Bolivie contre la politique du gouvernement de droite. En pleine crise économique, enseignants, ouvriers, paysans, routiers ont déclenché d’importantes protestations, le 11 mai. Faute de dialogue, le mouvement se durcit et prend de l’ampleur.
Des milliers de mineurs ont marché jusqu’à la ville de La Paz, dans les Andes, pour exiger la démission du président bolivien Rodrigo Paz. Arrivés aux abords du Palais du gouvernement, ils ont dû faire face aux forces de police.
« Nous demandons la démission de ce gouvernement incapable (…), le dialogue est désormais épuisé », a déclaré à l’AFP Luis Apaza, un mineur venu de la province d’Inquisivi, à environ 270 kilomètres de La Paz. Ils réclament davantage d’investissements, de carburants, une hausse des salaires.
Une seule revendication : le départ du président
La Centrale ouvrière bolivienne (COB), le principal syndicat du pays, a également annoncé jeudi 14 mai une radicalisation de ses positions. « Les revendications sectorielles ont été laissées de côté. Désormais, il n’y a qu’une seule demande de la part du peuple mobilisé : le départ et la démission du président », a lancé Mario Argollo, principal dirigeant de la COB, lors d’une conférence de presse.
Des dizaines de barrages routiers paralysent une partie du pays mais surtout les routes d’accès à La Paz, la capitale administrative du pays. Les revendications portent également sur des hausses salariales et le refus de privatisation visant plusieurs entreprises publiques.
Élu en octobre, le président Rodrigo Paz fait face à une première crise majeure. Avec son slogan « Le capitalisme pour tous », il avait remporté la présidentielle et mis fin à vingt années de la gauche au pouvoir avec le Mouvement vers le socialisme (MAS) de l’ancien président Evo Morales (2006-2019) et de Luis Arce (2020-2025).
Rapprochement inédit avec les États-Unis, suppression du ministère de l’Environnement et de la Justice, son gouvernement présenté à son arrivée au pouvoir, le 9 novembre, ne comptait aucune figure issue des mouvements autochtones ou des organisations syndicales et paysannes comme promis.
Elles lui avaient pourtant permis avec d’autres déçus du MAS, de remporter la présidentielle. Mais Rodrigo Paz qui a mis un terme aux aides sur les carburants et décidé de privatisations, n’a pas réussi à juguler l’inflation qui a atteint 14 % en avril.
Pire, les populations indigènes des Andes et les organisations paysannes qui se retrouvent en grande difficulté économique sont désormais ces principaux adversaires en étant fortement représentés dans les mouvements de protestations.
Article de l'Humanité. Publié dans l'Humanité
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