Avec Trump, l’image des Etats-Unis à l’étranger en chute libre....

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Avec Trump, l’image des Etats-Unis à l’étranger en chute libre....

 

Publiée ce mardi, l’enquête du Pew Research Center, menée dans 36 pays, montre comment le retour du républicain à la Maison Blanche a amplifié la défiance vis-à-vis de son pays, partout dans le monde. Même ses alliés populistes européens commencent à prendre leurs distances. Ainsi dans la crise de civilisation capitaliste émergent des éléments montrant qu'existe un début de recherche d'une alternative.

 

Le constat n’a rien de surprenant. Il n’en demeure pas moins implacable : dans sa nouvelle enquête mondiale, le Pew Research Center dresse le portrait d’une Amérique dont le crédit s’érode rapidement depuis le retour de Trump à la Maison Blanche.

 

Menée auprès de plus de 42 000 personnes dans 36 pays - de la France au Japon, du Canada à l’Afrique du Sud, d’Israël au Mexique -, l’étude mesure l’image des Etats-Unis, de leur président et de leur rôle dans le monde. Le verdict est net : l’ère Trump II accentue une défiance certes attendue, mais amplifiée par une politique étrangère agressive, entre guerre commerciale, tensions avec ses alliés et multiplication des guerres (Venezuela-Cuba et l’Iran).

 

Dans les 36 pays sondés, 57% des personnes interrogées ont aujourd'hui une opinion défavorable des Etats Unis contre seulement 37 % une opinion favorable. Le jugement sur Trump est encore plus sévère : à peine 23 % disent lui faire confiance pour «faire ce qu’il faut en matière d’affaires mondiales». Un niveau abyssal, en recul dans la majorité des pays suivis. Cette défiance gagne désormais les alliés historiques de Washington.

 

Le détail confirme l’ampleur du décrochage. Sur les 36 pays étudiés, seuls 5 accordent majoritairement leur confiance à Trump : les Philippines (68 %), Israël (66 %), le Nigeria (65 %), le Kenya (63 %) et le Ghana (54 %).

 

Partout ailleurs, le président américain est rejeté. Dans 26 pays, sa cote reste sous la barre des 30 %. En France, elle plafonne à 16 %, en Allemagne à 15 %, aux Pays-Bas à 11 %. Tout aussi révélateur, notent les auteurs de l’étude, «il n’y a aucun pays parmi ceux étudiés où les opinions à son égard soient devenues plus positives».

 

Un des pires présidents américains

 

Trump le milliardaire, se présente comme un géant de l’histoire américaine. Il se rêve en prix Nobel de la paix et n’a jamais caché son désir de voir son visage gravé sur le mont Rushmore aux côtés de Washington, Jefferson, Lincoln et Roosevelt. Mais l’histoire immédiate raconte autre chose : dans cinq pays européens sondés par le Pew depuis plus de 20 ans - France, Allemagne, Espagne, Italie et Royaume-Uni -, ses scores retrouvent ceux de la fin de son premier mandat, voire les niveaux historiquement bas de George W. Bush en mars 2003, juste après l’invasion de l’Irak.

 

Plus largement, dans plusieurs pays alliés de longue date, l’image des Etats-Unis atteint son plus bas historique depuis le début des années 2000. Une réalité qui rejoint les classements réalisés ces cinq dernières années par des historiens et politologues américains. Trump y apparaît systématiquement parmi les pires présidents de l’histoire, entre la 41e et la 45e - et dernière - place.

 

L’Europe, épicentre de la désaffection

 

Si l’hostilité envers Trump est mondiale, elle prend, en Europe, une dimension forte. Dans les 10 pays européens sondés, le rejet de Trump est largement majoritaire, avec des niveaux de défiance culminant à 89 % en Suède, 85 % aux Pays-Bas et 84 % en France. En conséquence, la perception des Etats-Unis comme «partenaire fiable» s’effondre aussi : entre 2022 et 2026, elle est passée de 83 à 31 % en Suède, de 83 à 39 % en Allemagne et de 62 à 27 % en France.

 

Cette dégradation spectaculaire porte la marque des choix trumpiens : guerre tarifaire, menaces sur le Groenland, ambiguïtés sur l’Ukraine et guerre contre l’Iran. Sur les grandes crises actuelles, les Européens ne lui accordent presque aucun crédit. Ils désapprouvent à 85 % sa gestion des droits de douane et du dossier groenlandais, à 79 % sa gestion de Gaza et à 78 % ses positions sur l’Iran.

 

Signe du décrochage, seule la Hongrie - qui a récemment tourné la page Viktor Orbán, principal allié de Trump sur le continent - conserve une majorité favorable aux Etats-Unis (58 %). En France, seuls 10 % estiment que Washington prend encore en compte les intérêts de ses alliés. Un retour aux heures les plus glaciales de l’ère Bush.

 

Une exception : Israël

 

Dans ce panorama sombre pour les Etats-Unis, Israël fait figure d’exception. C’est là que l’Amérique conserve sa meilleure image, avec 81 % d’opinions favorables. La confiance envers Trump atteint 66 %. Surtout, 73 % considèrent que Washington contribue à la paix et la stabilité mondiale. Ils ne sont que 27 % en France, 19 % aux Pays-Bas et 28 % au Mexique.

 

Mais cette exception révèle elle aussi de profondes fractures. Chez les Arabes israéliens, ils ne sont plus que 13 % à faire confiance à Trump. Côté palestinien, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, l’approbation tombe à 5 %.

 

Comme un miroir inversé de l’alliance entre Trump et Nétanyahou, fragilisée ces derniers jours par le protocole d’accord entre Washington et Téhéran, rejeté par Tel-Aviv.

 

Les doutes des populistes d'extrême droite

 

Jusque chez ses alliés populistes d’extrême droite, Trump recule, alors qu'ils étaient ses plus fervents admirateurs. En février 2025, les «Patriotes pour l’Europe» s’étaient réunis à Madrid sous le cri de ralliement «Make Europe Great Again»Ils voyaient en Trump une boussole idéologique autant qu’un modèle politique. Depuis, la réalité du trumpisme a refroidi les enthousiasmes. Guerre commerciale, tentations impérialistes, conflit au Moyen-Orient sans concertation : les extrêmes droite européennes ont compris que les nations qu’ils dirigent - ou espèrent diriger - ne comptent pas dans les calculs de Trump.

 

L’enquête du Pew Research Center en apporte la preuve : la confiance en Trump a nettement reculé parmi les partisans de Fratelli d’Italia (de 49 % à 30 % en un an), la même tendance s’observe chez le PVV néerlandais (- 16 %) et Reform UK de Nigel Farage (- 14 %). Pour les extrêmes droites européennes, qui se proclament «patriotes», le dilemme devient politique : comment continuer à revendiquer un modèle américain qui méprise ses alliés ?

 

En France, certains s'obstinent comme Éric Zemmour, qui revendique son alignement idéologique avec le trumpisme, de l’immigration à la croisade anti-woke. Mais à mesure que Trump isole les Etats-Unis et leur nuit, c’est son «internationale réactionnaire», qui peut vaciller.

 

Sources : Libération

Publié dans Trump, Amérique du Nord

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