Mobilisation importante des cheminots pour les salaires et l'emploi. La colère s'exprime !
Photo de la manifestation parisienne et des rassemblements de Paris - Lyon - Clermont-Ferrand
Intervention de Thierry Nier à Paris
Plus d’un agent SNCF sur deux s’est mobilisé mardi 10 juin dans toute la France. Plusieurs centaines d’entre eux se sont rassemblés aux abords de la gare du Nord à Paris
« Une mobilisation très forte ». Mardi 10 juin, jour de grèves à la SNCF à l’appel de la CGT, l’Unsa, Sud et la CFDT, Thierry Nier, secrétaire générale de la CGT Cheminot, ne cachait pas sa satisfaction. Près d’un cheminot sur deux a cessé le travail. La direction du groupe se terre dans le silence, « dans certains établissements, il y a 80 à 90 % de grévistes chez les conducteurs et les contrôleurs, 35 à 40 % chez le personnel d’escales, il y a des piquets à Rennes, au technicentre de Lyon Gerland à Lyon», précise la CGT.
Une très large mobilisation
Les agents dénoncent l’ouverture à la concurrence de la SNCF et sa filialisation à tout va. Ceux des nouvelles filiales, déjà aux avant-postes des régressions sociales, se sont largement mobilisés. « Dans des filiales (de Trains express régionaux-TER) comme Sud Azur, il y a même jusqu’à 90 % de grévistes, près de 80 % à Loire Océan, poursuit-il, une des questions centrales est celle du maintien intégral des droits de centaines de cheminots : la direction veut déjà les faire travailler 5 jours de plus que les autres. » Au total, « 27 000 salariés SNCF » sont « embarqués dans la concurrence » et potentiellement transférés dans des filiales locales de la taille d’une PME, a confirmé à l’AFP, Jean-Aimé Mougenot, directeur TER délégué chez SNCF Voyageurs.
Avec un TGV circulant sur trois et des TER très perturbés, aux abords de la gare du Nord, les voyageurs ont été en partie supplantés par des manifestants revendiquant des augmentations : « Nous sommes dans l’entreprise ferroviaire la plus rentable d’Europe, avec 1,8 milliard d’euros de bénéfices, ça ne serait pas anormal qu’on revalorise nos salaires : en 2026, nous n’aurons le droit qu’à une hausse de 0,18 % lissée sur l’année », dénonce Fabien Villedieu, secrétaire fédéral de Sud Rail.
Avec 1 800 licenciements depuis 2024, 13 suicides depuis le début de l’année, dans cette course à la libéralisation, les conditions de travail n’ont jamais été aussi dégradées.
Des conditions de travail intenables
À la gare d’Austerlitz, deux tiers des cheminots sont en grève. « En dix ans, on nous a rajouté 45 minutes de travail, constate Loup, conducteur de Rer C et élu CGT. Ça fait un moment qu’on nous menace de ne plus prendre notre service directement à Austerlitz mais à Juvisy (en Essonne, à 20 kilomètres de là). Je ne vois pas comment on pourrait y arriver dès 4 h 30 du matin. » Les contrôleurs de TER, voient eux, leurs horaires changer sans leur accord et leur temps de repos se réduire. « Nous sommes parfois fatigués alors que nous sommes seuls dans des trains qui peuvent contenir jusqu’à 800 personnes », pointe une jeune recrue.
La direction aux abonnés absents
Malgré la mobilisation massive, les agents n’ont, pour l’heure, pas eu de nouvelles de Jean Castex, le PDG de la SNCF. Seule une table ronde, déjà prévue de longue date avec les syndicats, est maintenue le 23 juin. « Il va falloir l’avancer » prévient Thierry Nier. En attendant, les organisations syndicales se retrouvent jeudi après-midi pour décider des suites à donner à cette journée de lutte.
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