Nétanyahou bombarde le Liban et pilonne la parole de Trump...

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Nétanyahou bombarde le Liban et pilonne la parole de Trump...

 

En moins de vingt-quatre heures, le gouvernement israélien a anéanti les déclarations de la Maison Blanche sur un cessez-le-feu au Liban, notamment parce qu’il redoute un accord entre les Etats-Unis et l’Iran.

 

L’espoir d’un répit pour le Liban n’aura pas tenu vingt-quatre heures. L’annonce de Donald Trump, lundi 1er juin, d’avoir obtenu d’Israël l’annulation de son offensive prévue sur la banlieue sud de Beyrouth et du Hezbollah l’arrêt des attaques contre Israël est à ranger parmi les fanfaronnades coutumières du président américain. Malgré le ton orageux et même insultant lors de son coup de fil avec Nétanyahou, qu’il a traité de «complètement cinglé», Trump n’a pas réussi à se faire entendre.

 

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé mardi que son pays avait obtenu l’aval des Etats-Unis pour frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, en cas d’attaque du groupe pro-iranien sur son sol. L’armée israélienne a d’ailleurs poursuivi sans restriction ses opérations au Sud-Liban qui ont fait au moins huit morts mardi et ordonné l’évacuation de la ville de Nabatieh, qui compte environ 70 000 habitants.

 

Cesser totalement le feu...

Il est vrai que la proposition pour une «cessation mutuelle des attaques», selon les termes de l’ambassade libanaise à Washington, signalant que le cadre du «cessez-le-feu devait être élargi pour couvrir l’ensemble du territoire libanais», était nébuleuse. Trump avait indiqué sur son réseau Truth Social qu’Israël et le Hezbollah lui avaient promis l’apaisement. Il a précisé que Nétanyahou s’était engagé à ne pas envoyer de troupes à Beyrouth et que le Hezbollah allait «cesser totalement le feu». Il s’agissait en somme d’un accord asymétrique dans un combat qui l’est encore plus entre l’armée israélienne et la milice libanaise. La première considérant qu’elle gardait toute latitude pour ses attaques au Sud-Liban tandis que la deuxième pouvait riposter à l’agression.

 

Mais l’activation soudaine des tentatives de désescalade de la guerre au Liban, qui fait rage depuis près de trois mois, est le résultat d’une pression iranienne. «Compte tenu de la poursuite des crimes du régime sioniste au Liban, […] les négociateurs iraniens suspendent tout dialogue et échange à travers les médiateurs», avait indiqué lundi l’agence de presse iranienne Tasnim.

 

L’annonce d’une rupture des négociations avec Washington était assortie d’une menace des Gardiens de la révolution de «bloquer totalement le détroit d’Ormuz et d’activer d’autres fronts, y compris le détroit de Bab-el-Mandeb», l’autre passage maritime stratégique, sur la mer Rouge.

 

«Ni juste ni réaliste»

 

«C’est en cherchant à débloquer les négociations avec l’Iran que Donald Trump a pris l’initiative sur le Liban», souligne l’éditorialiste libanaise Ghada Halawé sur le site d’information Al-Modon. Dans son article intitulé «Trump consacre la corrélation entre Iran et Liban», la journaliste rappelle que Téhéran «a toujours tenu à inclure le volet libanais dans ses négociations avec les Etats-Unis», ajoutant que «la séparation des deux négociations n’était ni juste ni réaliste».

 

En effet, le front libanais ouvert par le Hezbollah, sous les ordres des Gardiens de la révolution, au lendemain du déclenchement de l’attaque israélo-américaine contre l’Iran est une autre carte dans les mains de Téhéran dans sa confrontation avec les Etats-Unis et Israël. Une carte dévastatrice pour le Liban, victime des attaques israéliennes meurtrières ayant déplacé un cinquième de sa population et dont le gouvernement est débordé par les forces du Hezbollah.

 

Nétanyahou menace...

 

En abattant cette carte libanaise, la république islamique fait émerger le désaccord entre Trump, pressé d’avancer dans les négociations, et le gouvernement Nétanyahou, qui redoute au contraire un accord entre les Etats-Unis et l’Iran.

 

«Le régime de terreur en Iran est voué à disparaître. Et nous allons contribuer à ce que cela arrive», a menacé mardi le 1er ministre israélien dans une vidéo. Jusque-là, le président américain avait laissé les mains libres à Israël au Liban pour le laisser se défouler contre le Hezbollah pendant qu’il tente de négocier avec l’Iran. Mais peut-il continuer à se laisser défier par Nétanyahou au Liban ?

 

«Il est hors de question que le Liban soit en quelque sorte une victime expiatoire d’un accord qui peine à se conclure entre l’Iran et les Etats-Unis», a souligné le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot qui à l'Assemblée a refusé de condamner les crimes d'Israël au Liban et de le sanctionner. Cela explique-il que la France soit marginalisée et écartée de toutes les discussions sur le Moyen-Orient enflammé, y compris comme protectrice historique du Liban ?

Publié dans Moyen Orient, Trump, Israël

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