Qu'est ce que le G7 numérique ?

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Qu'est ce que le G7 numérique ?

 

Alors, vous l’avez suivi ? Chaque discours, chaque discussion ? Quoi ? Vous ne saviez pas que le 29 mai, à Paris, se tenait le G7 du numérique ? Et que la France était à la présidence de cet événement ? Moi non plus. Tout le monde s’en fiche du G7 numérique : seuls quelques médias nationaux en ont parlé, et ce n’est pas comme si la nouvelle semblait passionner les journalistes.

 

Quelques semaines avant le « vrai » G7 qui aura lieu à Évian, plusieurs réunions ministérielles spécialisées se sont tenues, dont celle du numérique. L’objectif ? Commencer à avancer les travaux et les négociations de certains sujets brûlants, dont cette année, la régulation de l’IA et la protection des mineurs.

 

Il y a quelque chose d’assez ironique à commenter cette actualité sous 33 °C, en essayant désespérément de trouver de l’air entre les murs d’une passoire thermique, alors même que l’IA accélère le réchauffement des sols et gaspille nos ressources en eau et en énergie.

 

La présidence française du G7 a défini quatre priorités : « promouvoir une IA sûre au service du bien commun », « accélérer l’innovation et la diffusion de l’IA dans l’économie » (quitte à développer sa propre IA open source), « protéger les mineurs en ligne » et « soutenir la résilience et la durabilité dans le secteur numérique ».

 

L’objectif de ces priorités gouvernementales est clair : améliorer notre quotidien. Quitte à ne se focaliser que sur l’aspect business de l’IA, en saupoudrant de greenwashing et en faisant croire qu’il est possible d’aller vers une croissance verte des data centers. « Sur l’environnement, c’est peut-être là où ça va être le plus compliqué », a indiqué la ministre française du Numérique, Anne Le Hénanff. Sans blague. Sur cette dernière priorité, cela signifie « concilier transition numérique et transition environnementale », soit, dit plus vulgairement, « comment continuer à faire du profit sur une planète qui brûle ».

 

Car les études le montrent : l’investissement dans l’IA et les data centers est une catastrophe pour l’environnement. Selon l’université de Cambridge, la présence de data centers fait monter la température des sols jusqu’à 10 kilomètres à la ronde, souvent de 2 °C ou 3 °C.

 

Sur la protection des mineurs sur Internet, là encore, j’ai du mal à ne pas être cynique. Le gouvernement parle de « discussions autour des risques encourus en ligne » et de « solutions telles que des paramètres de confidentialité et de sécurité, des mécanismes de contrôle de l’âge et la promotion d’outils de contrôle parental accessibles ». Rien qui n’attaque les « dark patterns », les interfaces addictives pensées par les Gafam ; ou rien qui ne mette en cause et en responsabilité les grandes entreprises de la tech. Tout n’est que risque individuel et contrôle parental.

 

Le 29 mai au soir, Anne Le Hénanff a tenu une conférence de presse pour faire le bilan de cette première journée. « C’est une victoire », s’est-elle réjouie, car les réunions ont abouti à une déclaration finale commune, notamment signée par les États-Unis.

 

Victoire car la protection des mineurs a été soulignée, et que la question environnementale a pu être abordée à travers une liste de « bonnes pratiques ». Vous avez envie de hurler en lisant ça ? Rassurez-vous, moi aussi.

 

Qu’il s’agisse de notre planète, des enfants autour de nous, ou de nous-même, nous méritons mieux que des conférences de presse tièdes. Nous méritons mieux que des industries qui font brûler nos sols et nos ressources.

 

Par Pauline Ferrari, journaliste spécialisée en culture Web. Article publié dans l'Humanité.

Publié dans International, G7

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