Scandale ! Le Sénat approuve la fin du 1er-Mai férié, chômé et payé pour les boulangers et fleuristes

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Scandale ! Le Sénat approuve la fin du 1er-Mai férié, chômé et payé pour les boulangers et fleuristes

 

Le Sénat devait largement voter un projet de loi rendant légal le travail « volontaire » pour les boulangeries et fleuristes. Syndicats et partis de gauche, opposés, voient ici un grave précédent qui ouvre la porte à d’autres « exceptions ».

 

S’il fallait une preuve que les droits sociaux sont toujours des « conquis » et jamais des « acquis », comme le disait Ambroise Croizat, le cas du 1er-Mai férié, chômé et payé en est une. Mardi, au Sénat, était examiné un projet de loi spécialement consacré pour créer une exception au droit du travail pour le seul jour férié du 1er-Mai. Le Sénat, dominé par la droite, s’apprêtait, à l’heure de boucler ces lignes, à largement voter pour.

 

Le texte gouvernemental arrive après l’important assaut macroniste et patronal d’avril dernier. Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance, avait tenté de passer en force pour faire adopter une proposition sénatoriale votée à l’été 2025 pour créer de nombreuses dérogations au 1er-Mai, loin de seulement concerner les fameuses boulangeries artisanales frappées par des contrôles d’une inspection du travail « zélée ». Face à la bronca politique, syndicale et citoyenne, le gouvernement avait opéré un repli tactique mais promis un nouveau texte que voici.

 

De quoi relancer la colère des syndicats. « C’est une brèche qui est ouverte. C’est un recul social qui va contraindre les salariés à travailler le 1er-Mai », a de nouveau dénoncé Thomas Vacheron, membre du bureau confédéral de la CGT. La centrale, qui appelait mardi à un rassemblement devant le palais du Luxembourg, a aussi lancé une pétition contre ce « passage en force » qui avait déjà rassemblé à la mi-journée près de 120 000 signatures.

 

Le 1er-Mai est « le seul jour férié, chômé, rémunéré et protégé du lien de subordination », rappelle l’organisation syndicale.

 

Elle met en garde contre un texte censé ne concerner que les commerces de proximité, mais qui « pourrait s’appliquer à l’ensemble des entreprises de moins de 250 salarié·es ! Une extension considérable qui banaliserait progressivement le travail le 1er-Mai ». Également vent debout contre un projet qui fait l’unanimité syndicale contre lui, Solidaires souligne de son côté que « faire travailler davantage celles et ceux qui peinent déjà à boucler les fins de mois ne répond en rien à l’explosion des prix de l’alimentation, à l’augmentation des loyers et des factures d’énergie, aux salaires qui stagnent et à la précarité qui gagne du terrain ».

 

La droite défend les patrons dans l’illégalité

 

Au banc, le gouvernement a défendu un texte plus restrictif que le texte sénatorial voté l’année dernière, ne concernant expressément que les boulangeries et fleuristes et conditionné à un accord collectif de branche. Une concession des groupes LR et Union centriste (UDI, Modem…), à les croire.

 

L’argument n’a pas convaincu la gauche, qui, symbole oblige, a fait feu de tout bois en déposant plusieurs motions préalables et une soixantaine d’amendements… ce qui, vu la longueur du texte et les standards du Sénat, fait beaucoup.

 

L’idée d’une simple « exception » a notamment été balayée par l’écologiste Raymonde Poncet-Monge : « Il n’existe pas de remise en cause partielle et circonscrite du 1er-Mai. » Elle note d’ailleurs que les promoteurs du texte ont pris exemple sur la législation qui a libéralisé le travail le dimanche. Face à une droite qui n’a que le mot « insécurité » à la bouche pour parler de la peur des patrons dans l’illégalité d’être sanctionnés, et face au macroniste Xavier Iacovelli, pour qui il s’agit « d’être fidèle à l’esprit du 1er-Mai » en défendant « le droit » de « travailleurs volontaires » à travailler ce jour-là, la socialiste Monique Lubin a remis le local syndical au milieu de l’entreprise.

 

« Qui peut croire que les salariés auront durablement le choix ? » a demandé la Landaise, citant notamment les CDD, mais aussi les plus pauvres, « toujours les mêmes, ceux qui n’auront pas le choix. Pendant que certains voudront absolument leur pain frais (…), d’autres verront ce jour férié et chômé leur passer sous le nez, parce que finalement, eux, que ce soit pour éviter les foudres de leur employeur ou gagner plus, ils n’auront pas le choix ».

 

Cinglant une « obsession antisociale », la communiste Cathy Apourceau-Poly a, elle, replacé le débat sous la férule de la longue histoire du mouvement ouvrier, en convoquant notamment le souvenir de la fusillade de Fourmies et de la République sociale, consacrée constitutionnellement. « Or, l’idée même de République sociale, symbolisée par le préambule de 1946 et les grandes lois et ordonnances de la Libération, fait corps avec cette journée du 1er-Mai qui porte en elle l’ensemble de ces combats et de ces conquêtes. »

Publié dans 1er mai, Sénat, Luttes sociales

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