Séismes au Venezuela : 920 morts et 50.000 personnes disparues
Un double séisme de forte magnitude a frappé le Venezuela, mercredi 24 juin. L’événement a fait plusieurs dizaines de morts et des centaines de blessés selon un premier bilan des autorités. © Federico PARRA / AFP
Deux puissants tremblements de terre, suivi d’une vingtaine de répliques, ont frappé mercredi 24 juin le Venezuela. La catastrophe a fait au moins 920 morts et des milliers blessés, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des dizaines d’immeubles se sont effondrés. 50 000 personnes sont portées disparues.
À quelques secondes d’intervalle, deux puissants séismes ont frappé le Venezuela, mercredi 24 juin, semant la mort et la panique. Une première secousse de magnitude 7,2 est survenue à une profondeur de 21,9 km, à environ 200 km à l’ouest de Caracas, suivie d’une deuxième de magnitude 7,5 à 10 km de profondeur, enregistrée 39 secondes plus tard à 45 km de là puis d’une vingtaine de répliques, selon le United States Geological Survey (USGS). La secousse a été ressentie jusqu’en Colombie, dans la capitale Bogota, pourtant distante de 1 000 km à vol d’oiseau.
Le dernier bilan compte au moins 920 morts et 50 000 personnes disparues. Le bilan reste provisoire, et les autorités s’attendent à davantage de victimes au vu des dégâts causés dans plusieurs régions, notamment l’État côtier de La Guaira, voisin de la capitale.
Plus de 100 bâtiments ont été détruits, selon la principale agence humanitaire des Nations unies (OCHA) qui demande aux équipes de recherche et de sauvetage de se rendre en priorité à La Guaira et à Caracas, les deux villes les plus durement touchées. Les craintes grandissaient quant au bilan dans les bidonvilles voisins, où de nombreuses personnes vivent dans des habitations précaires construites à flanc de colline.
Une « catastrophe qui devrait avoir une ampleur considérable »
« Les images en provenance du Venezuela suggèrent que bon nombre des bâtiments effondrés étaient construits en béton fragile, sans armature en acier suffisante. Car chaque étage s’est écroulé sur le suivant, en cascade », analyse Christian Málaga-Chuquitaype, ingénieur en structure à l’Imperial College de Londres, spécialisé dans la résilience sismique pour le New York Times. « Ce type de bâtiments comptent parmi les plus meurtriers en cas de tremblement de terre, car ils s’effondrent de manière très violente », a-t-il ajouté.
Ce « double événement » constitue selon l’USGS une « catastrophe qui devrait avoir une ampleur considérable » pour ce pays pétrolier à l’économie en crise et secoué par les assauts de Donald Trump qui a ordonné le kidnapping de son président, Nicolas Maduro, en janvier dernier. « Il est probable que le bilan soit lourd et que les dégâts soient importants », a écrit l’institut.
Dans la capitale et la région environnante des dizaines d’immeubles se sont effondrés. L’aéroport de Caracas, gravement endommagé, a été fermé et le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello a également indiqué avoir ordonné la coupure de l’alimentation en gaz dans la ville. « Certaines structures ont été endommagées et nous voulons éviter tout accident lié au gaz », a-t-il expliqué. Des coupures d’électricité ont été signalées dans la capitale, où de nombreuses rues sont jonchées de débris de verre.
Des habitants piégés sous les gravats
Au pied d’un immeuble de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d’Altamira à Caracas, une journaliste de l’AFP a vu les gens crier les noms de leurs proches et des bénévoles grimper sur les décombres. « Nous avons besoin de lampes torches », implorait l’un d’eux à la nuit tombée. Lisbeth Vázquez, 37 ans, a également raconté à l’agence la scène « chaotique » où sa famille et elle ont réussi à s’échapper in extremis par les fenêtres de leur appartement alors que leur immeuble était « en train de s’enfoncer complètement » dans le sol. « C’était terrifiant, confie-t-elle. Des voisins des étages inférieurs sont ensevelis, on essaie de les sortir. »
De nombreuses personnes paniquées se sont précipitées dans la rue et y attendaient dans la soirée, n’osant regagner leurs domiciles ou bureaux de crainte de répliques, selon des journalistes de l’AFP.
Après l’offensive engagée en janvier dernier contre Venezuela, le locataire de la Maison Blanche assure désormais que son pays sera « aux côtés de nos nouveaux et formidables amis ». « Les États-Unis sont prêts, disposés et capables d’apporter leur aide ! », a écrit Trump sur son réseau sur son réseau Truth Social avant que son secrétaire d’État Marco Rubio ne confirme que des secouristes vont « immédiatement » être déployés.
La Chine, l’Inde et l’Union européenne ont également proposé leur aide, et plusieurs pays d’Amérique latine ont fait de même et exprimé leur solidarité, parfois au-delà de leurs divergences politiques. Des équipes de secouristes spécialisées coordonnées par l’ONU sont en route pour participer aux recherches de personnes piégées sous les décombres, a également annoncé jeudi Delcy Rodriguez. La fermeture de l’aéroport international de La Maiquetía, à La Guaira, à environ 40 km de Caracas, pourrait cependant compliquer l’acheminement de l’aide humanitaire.
L'Humanité
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