Trump présent à la réunion de l'impérialisme avec ses vassaux...
Le sommet, dit G7, qui se termine demain a été largement consacré à l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran. Mais son contenu exact n’a toujours pas été dévoilé. Le président états-unien était la vedette. L'impérialisme et ses vassaux ont réfléchi au monde qui conteste leur hégémonie et cherche les voies pour un nouveau monde où dominent la paix, la coopération, le partage et la solidarité.
Ils ont peur de ce monde multipolaire en construction. Si bien que Trump a mis ses conditions pour honorer sa présence à Evian. Trump a exigé deux choses :
1) Que les questions climatiques ne soient pas abordées, car il considère que l’on doit regarder ailleurs quand la planète brûle.
2) Que l’Afrique du sud ne soit pas invitée car il tient le président Cyril Ramaphosa pour un ennemi personnel.
Pas de problème, ses vœux ont été exaucés. A son arrivée, le Président américain a même eu droit à une poignée de main virile de Macron, qu’il injurie régulièrement, et à la bise de Madame, nonobstant les rumeurs salaces qu’il laisse circuler à son encontre.
Pour oser se livrer à une telle mascarade, il fallait un chef d’Etat ignorant à la fois le sens de l’honneur et le ridicule. Macron a su assumer avec brio cette performance, qui restera comme une tache indélébile (parmi d’autres) sur le bilan de son second mandat. « On se fatigue de voir la bêtise triompher sans combat », disait Albert Camus. On se fatigue encore plus de la voir triompher sous les applaudissements des courtisans.
Deux dossiers à l’ordre du jour : l’Ukraine et le Moyen-Orient.
Il n’est pas certain que le magnat de l’immobilier a satisfait les attentes des participants du G7, ni qu’il a révélé de plus amples détails concernant cet accord : réouverture du détroit d’Ormuz et impossibilité pour l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Deux piliers précédant l’ouverture d’une période de soixante jours pendant lesquels les autres questions seront traitées.
Les médias à Téhéran ont été plus diserts. Ils ont fait état de divers types d’avantages économiques, depuis la levée des sanctions pétrolières jusqu’au dégel des avoirs iraniens, en passant par le paiement direct des dommages causés par la guerre et les éventuels péages sur le transport maritime international après la période de soixante jours.
Une guerre et des milliers de morts plus tard
Trump a seulement annoncé que l’Iran avait accepté de « forts pouvoirs de police » sur son programme nucléaire, c’est-à-dire une acceptation d’inspections rigoureuses de la part de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA). Les pays signataires de l’accord sur le nucléaire iranien en 2015 à Vienne (outre les États-Unis, on trouve la Russie, la Chine, la France le Royaume-Uni et l’Allemagne) ont dû se frotter les yeux et les oreilles.
Dans ce traité, plus connu sous le nom de JCPOA, il était écrit « qu’en aucun cas l’Iran ne cherchera, ne développera ou n’acquerra d’armes nucléaires ». Trump s’en était retiré en 2018, amenant une limitation des inspections de l’AIEA. En réponse, l’Iran avait intensifié son enrichissement d’uranium, en produisant plus de 400 kg d’une pureté proche de celle requise pour la fabrication d’armes nucléaires. Ironie de l’histoire, le sort de cet uranium sera probablement un point de négociation important. Une guerre et des milliers de morts plus tard, voilà où nous en sommes.
S’exprimant au G7, Trump a expliqué que le détroit d’Ormuz serait ouvert d’ici vendredi et que le texte intégral de l’accord de paix serait rendu public dans un cadre officiel. Pourquoi cette insistance à ne rien vouloir dévoiler si ce n’est parce que les États-Unis n’ont strictement rien gagné dans cette aventure ?
Trump peut bien pérorer, il se heurte à la réalité. « L’Iran veut en finir. Ils doivent reprendre leurs activités, et les relations sont désormais normalisées, donc je pense que ça va aller assez vite », a-t-il déclaré lors de sa rencontre avec Mohammed ben Zayed Al Nahyane, président des Émirats arabes unis, en marge du G7. C’est peut-être le seul fait notable de cette réunion. Les Émirats, l’Arabie saoudite, le Qatar et l’Égypte étaient invités pour une session, le 16 juin. Mais pas Israël.
Le show de Trump laisse peu de place aux figurants...
Trump a critiqué la stratégie au Liban du 1er ministre israélien, Netanyahou,. L’armée israélienne, il est vrai, poursuit son occupation du sud du pays et a bombardé la banlieue sud de Beyrouth, dimanche. « Vous n’avez pas besoin de détruire tout un immeuble à chaque fois que vous cherchez quelqu’un parce qu’il y a beaucoup de gens dans ces immeubles », a lancé Trump avec son habituel humour douteux. En réalité, il reproche à Netanyahou de s’enliser, pas de mener la guerre. La preuve, il dit avoir « suggéré à Israël de laisser la Syrie s’occuper du Hezbollah », d’autant que l’ancien dirigeant d’al-Qaida en Syrie, aujourd’hui président, Ahmed Al Charaa « n’est pas un boy-scout mais il a fait un boulot incroyable ». Parole de… scout.
Évidemment, un tel show laisse peu de place aux figurants. Trump a bien parlé à son homologue français. Celui-ci a réitéré son « offre » pour « aider », dans le cadre de la réouverture du détroit d’Ormuz. Pour toute réponse, le milliardaire a lancé : « Je ne pense pas que nous aurons besoin de beaucoup d’aide. Mais je ne pense pas que ce soit une mauvaise idée d’avoir un bateau ou deux de quelques pays, votre pays serait très bien pour cela, car on ne sait jamais. »
À Évian, des proches de l’Élysée ont affirmé que Macron n’en a eu cure. Il était surtout absorbé par la situation de l'Ukraine où il souhaite maintenir voire relancer les hostilités avec la Russie, alors qu'il serait temps de penser plutôt à la paix, aux négociations. Assez d'armes et de milliards qui vont continuer à tuer des hommes et des femmes innocents et qui aspirent à la paix quoiqu'en pense Zelensky.
Éclipsés par la guerre au Moyen Orient, les pourparlers de paix n’ont pas avancé. Paris, Londres, Berlin et Kiev, avaient l'objectif de convaincre Trump de relancer un dialogue sur les bases d’un accord de paix qui acte les exigences de Kiev.
Ce mardi, Zelensky a échangé avec Trump. Ce dernier a reconnu que son administration était « focalisée sur l’Iran » mais qu’il allait « faire tout son possible » pour mettre un terme à la guerre en Ukraine. Il aurait même jugé que « la Russie devrait conclure un accord. La Russie a perdu un nombre considérable de personnes, tout comme l’Ukraine ».
Renouer le dialogue avec Moscou
Depuis son retour, Trump a relancé les échanges diplomatiques avec Moscou dans la perspective de mettre un terme à la guerre qui dure depuis 2014. Un plan de paix avait été présenté par Washington à Kiev en novembre et reprenait une partie des exigences russes : réduction de l’armée ukrainienne, échange de territoires, interdiction d’intégrer l’Otan… « L’Europe avait joué un rôle marginal durant cette période. Désormais, elle veut être intégrée aux négociations afin de peser sur des choix sécuritaires, stratégiques et diplomatiques prépondérants pour le continent. Une bonne partie des Vingt-Sept est prête à renouer un dialogue avec Moscou », analyse un diplomate.
C’est dans cette optique que les ambassadeurs de France, du Royaume-Uni et d’Allemagne ont rencontré le vice-ministre des Affaires étrangères russes, Mikhaïl Galouzine, le 11 juin. Un choix stratégique que l’Italie, l’Espagne et d’autres membres de l’Union européenne approuvent. Galouzine aurait accusé les trois pays de vouloir « poursuivre la guerre contre la Russie » pour le compte et aux frais des pays européens.
Le président finlandais, Alexander Stubb, a déclaré au journal suisse Neue Zürcher Zeitung : « Nous devons agir de concert avec les Américains, mais en même temps nous demander si la politique étrangère américaine envers la Russie et l’Ukraine sert actuellement les intérêts de l’Europe. Si ce n’est pas le cas – et, à certains égards, ça ne l’est pas –, alors nous devons nous impliquer. »
Sur les bords du lac Léman, Zelensky a de nouveau appelé à « des pourparlers (directs – NDLR) avec Poutine avant cet hiver » en Suisse ou en Turquie. Une démarche qu'il accompagne d’un plan en cinq points qui reprend des revendications déjà portées : un cessez-le-feu avant le début de toute négociation ou la mise en place d’une « force de dissuasion » composée de troupes de l’Otan au terme de la guerre.
Des exigences qui figent les désaccords de fond, effacent les premières avancées comme l'interdiction de l'Otan en Ukraine et maintiennent la guerre d'autant que l'Europe a adopté de nouvelles sanctions alors qu'Israël qui multiplie les crimes de guerre contre les Palestiniens et les Libanais reste impuni par les Européens alors qu'ils occupent illégalement Gaza, la Cisjordanie, le Liban sud et une partie de la Syrie pour les coloniser.
Ces exigences avaient déjà été rejetées précédemment par les autorités russes. Le président Vladimir Poutine a déjà prévenu qu’un « dialogue direct » ne pourrait intervenir qu’une fois un accord pour mettre fin à la guerre aura été négocié en amont. Ce qu'a confirmé l’émissaire diplomatique de Poutine, Iouri Ouchakov. Il a balayé d’un revers de main l’idée que l’Europe puisse jouer les médiateurs. Même chose pour le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov : « Kiev n’est pas prête à faire le moindre compromis ».
Paradoxalement, ce rôle que les Européens souhaitent endosser se combine avec de nouvelles sanctions adoptées par la Commission européenne au début du mois contre la Russie. Cette pression économique a été actée par les membres du G7, en visant le pétrole et le gaz russes. Trump a également affirmé que ces sanctions seraient « bientôt » réintroduites.
Lors d’un échange téléphonique qui s’est tenu dimanche entre Poutine et Trump, le président russe a indiqué que les frappes en profondeur ou sur sites énergétiques n’infléchiraient pas la détermination de Moscou. Cette « escalade » et cette « extension géographique » sont une « source de graves préoccupations », a alerté mardi le ministre turc des Affaires étrangères, en visite dans la capitale russe.
Et si l'ONU reprenait le dossier en main ?
Sur les bords du lac Léman, la guerre en Ukraine a été discuté par les sept chefs d’État et de gouvernements de l’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la France, du Royaume-Uni, du Japon et de l’Italie. D’autres pays seront également présents à Évian-les-Bains : le Brésil, la Corée du Sud, l’Inde, le Kenya et l’Ukraine. Zelensky et Macron espéraient relancer "la diplomatie" pour « trouver une issue à la guerre », comme il l’a répété lundi aux deux émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner.
Après Evian, l’autre échéance diplomatique interviendra jeudi 18 et vendredi 19 juin, à l’occasion d’un sommet européen. Les Vingt-Sept sont partagés sur l’idée de relancer le dialogue avec Moscou. Mais Macron juge le contexte favorable : gel du front, usure de la population russe, difficultés économiques, bombardements de drones ukrainiens en profondeur.
Sans omettre que l'Ukraine est exsangue économiquement, rongée par la corruption avec une population lasse de la guerre au point de voir les jeunes s'enfuir du pays pour ne pas aller faire la chaire à canon au point que Zelensky est prêt avec l'argent des européens à créer une armée de mercenaires venus du monde entier et grassement payés et où les forces néo-nazies se font de plus en plus pressantes.
« Il faudra réussir à rassembler un certain nombre d'Etats européens. La Pologne, l’Italie, l’Espagne, la Belgique ont peu apprécié l’initiative E3 qui les évince. Pour autant, de nombreux États jugent qu’au bout de quatre ans et demi, il serait temps de négocier. Mais reste l’interrogation de la feuille de route et du nom de l’émissaire européen », analyse un diplomate.
Plusieurs ministres des Affaires étrangères dont le Néerlandais Tom Berendsen et l’Espagnol José Manuel Albares avaient plaidé surtout pour que l’émissaire dispose d’un « mandat clair » afin de parler « d’une seule voix » et d’éviter une cacophonie. Mais si ce chemin à défricher avec Moscou était approuvé par les 27 peut-être serait pertinent que le fameux émissaire soit désigné par l'ONU avec un mandat clair de l'organisation et des 27 pour garantir qu'il cherche la paix et non l'escalade dans la guerre.
La paix nécessite que les principaux belligérants négocient, jouent le jeu de la diplomatie et cessent de chercher cette escalade en se bombardant mutuellement comme le font tant Zelensky que Poutine. Il est peut-être urgent que l'ONU reprenne le dossier en main ?
Sources : J. Dion - l'Humanité - Europe
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