Victoire ! le projet de loi des députés communistes pour la nationalisation d'ArcelorMittal adopté par l'Assemblée !

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Gaëtan Lecocq, secrétaire général de la CGT d’ArcelorMittal Dunkerque devant l’Assemblée nationale jeudi 11 juin pour soutenir la proposition de loi pour la nationalisation du géant de l’acier. © SYLVAIN COURROS
Gaëtan Lecocq, secrétaire général de la CGT d’ArcelorMittal Dunkerque devant l’Assemblée nationale jeudi 11 juin pour soutenir la proposition de loi pour la nationalisation du géant de l’acier. © SYLVAIN COURROS
Gaëtan Lecocq, secrétaire général de la CGT d’ArcelorMittal Dunkerque devant l’Assemblée nationale jeudi 11 juin pour soutenir la proposition de loi pour la nationalisation du géant de l’acier. © SYLVAIN COURROS

Gaëtan Lecocq, secrétaire général de la CGT d’ArcelorMittal Dunkerque devant l’Assemblée nationale jeudi 11 juin pour soutenir la proposition de loi pour la nationalisation du géant de l’acier. © SYLVAIN COURROS

 

Malgré l’hostilité de la droite et du centre, la proposition de loi portée par le groupe Gauche Démocrate et Républicaine (groupe communiste) a été adoptée à 106 voix pour, 49 contre. C'est une victoire acquise grâce à la lutte des sidérurgistes, bravo à eux qui ne lâchent rien !

 

Gaëtan Lecocq avait annoncé la couleur : « Si ça passe en 2e lecture, ce soir, c’est la fête », avait lancé le secrétaire général de la CGT d’ArcelorMittal Dunkerque, en s’adressant aux militants réunis pour soutenir la proposition de loi pour la nationalisation du géant de l’acier en parallèle du débat à l’Assemblée.

 

Mais, malgré l’adoption du texte soutenu par l’ensemble de la gauche avec 106 voix pour, 49 contre et l’abstention du RN, le combat n’est pas terminé. « Aujourd’hui, nous avons franchi un palier, mais nous ne sommes encore qu’au milieu de l’escalier », résume le syndicaliste à l’origine de cette bataille pour reprendre le contrôle du géant de la sidérurgie française racheté, en 2006, par l’indien Mittal. Ému, il regarde néanmoins le chemin parcouru. « C’est une série Netflix notre histoire », lance-t-il, le sourire aux lèvres.

 

C’est la deuxième fois que l’Assemblée se prononce sur la nationalisation d’ArcelorMittal. La première, couronnée par un vote positif fin novembre 2025. Mais, après un rejet du texte au Sénat en février, le groupe GDR au sein duquel siègent les communistes a repris le flambeau, profitant de sa niche parlementaire, pour présenter un nouveau texte.

 

« Ceux qui votent contre, on se demande pour qui ils roulent. Le choix est très clair, il s’agit de soutenir soit l’industrie française, soit la famille Mittal », a fustigé Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, venue encourager les militants rassemblés place des Invalides.

 

Au milieu des drapeaux rouges et des fumigènes, elle a rappelé que, depuis vingt ans, l’homme d’affaires Lakshmi Mittal n’a tenu aucune promesse en matière d’investissement ou de décarbonation, et qu’il préparait au contraire « un plan pour quitter la France d’ici à 2030 ».

 

« Conserver la maîtrise complète de notre chaîne de production »

 

L’enjeu va bien au-delà d’Arcelor. « La loi est destinée à garder la sidérurgie dans notre pays pour que d’autres filières ne dépendent pas de l’étranger. Il faut conserver la maîtrise complète de notre chaîne de production. Et sans sidérurgie, pas d’industrie », explique Hervé, crâne dégarni et lunettes sages, réparateur dans une des usines du groupe.

 

La préservation de la souveraineté nationale était dans toutes les bouches, les syndicalistes fustigeant l’argent drainé par les actionnaires, les délocalisations et les licenciements en masse. « Le gouvernement dit que nationaliser coûtera trop cher, mais nous avons évalué le coût à 3 milliards d’euros. C’est bien peu au regard des 211 milliards que l’État verse tous les ans sans aucune condition aux entreprises », a de son côté dénoncé Stéphane Peu, le président des députés PCF, en prenant la parole aux côtés de sa collègue insoumise.

 

Dans l’Hémicycle, où la Macronie adopte une vision idéologique, l’ambiance est tout autre. « Que serait une journée communiste sans proposition de nationalisation ? Une journée sans saveurs collectivistes et dirigistes ? » ironise Guillaume Kasbarian, député macronisteLe ministre chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, dénonce le coût du rachat d’ArcelorMittal pour les finances publiques « de 4 à 6 milliards d’euros », expliquant qu’ArcelorMittal sera « content de recevoir ce chèque ». Il donne la priorité, pour sauver la sidérurgie française, aux investissements privés.

 

La macroniste Marie Lebec estime que « la nationalisation ne répondrait pas aux défis » auxquels est confrontée la sidérurgie : « La concurrence » et les « surcapacités de production » mondiales, la baisse de la demande d’acier en Europe et « le coût de l’énergie, supérieur à celui de nos concurrents ».

 

La nécessité d’une entreprise publique pour préparer l’avenir

 

« Le changement d’actionnaire ne sera pas de nature à changer le marché de la métallurgie », insiste Emmanuel Mandon, du groupe Les Démocrates. Du côté d’Horizons, Pierre Henriet lâche : « La France n’a procédé à aucune nationalisation depuis 1982, ce n’est pas par hasard. »

 

En réalité, rappelle le rapporteur GDR du texte, le député comuniste Nicolas Sansu, il s’agit de « nationaliser l’industrie de l’industrie » en assurant « la souveraineté industrielle de la France, en maîtrisant l’amont et l’aval de la filière acier »« Ce n’est pas une question de rentabilité à court terme, c’est une question de stratégie et d’avenir de la filière acier dans notre pays » pour développer l’emploi dans les territoires – 20 000 emplois ont été perdus l’an passé dans l’industrie.

 

Cela doit également, défendent différents orateurs de gauche, favoriser l’investissement massif dans de nouveaux hauts-fourneaux décarbonés, faute de quoi les sites de production existants fermeront dans les prochaines années sous le coup de l’augmentation de la taxe carbone.

 

Pour l’heure, hormis 1,3 milliard pour un seul haut-fourneau électrique à Dunkerque, ArcelorMittal fait la grève des investissements. D’où la nécessité d’une entreprise publique pour préparer l’avenir.

 

Reste maintenant au gouvernement de mettre le texte en dernière lecture à l’Assemblée pour passer au-delà de l’hostilité sénatoriale et sauver l’industrie française. Sinon, « la nationalisation sera dans le débat national », prévient Nicolas Sansu.

 

Sources : Article de Hélène May et Gaël De Santis publié dans l'Humanité

Publié dans Industries, Luttes sociales

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