Électricité et avantages des salariés ? Restons lucides, informés et vigilants !
Le gouvernement veut remettre en cause le tarif agent des salariés des Industries Électriques et Gazières (IEG). Gilles Pereyron nous a livré quelques éléments économiques et sociaux qui sont une aide dans la compréhension de la bataille engagée par le gouvernement contre les salariés des industries électriques et gazières de notre pays. Nous vous les communiquons ci-dessous.
Selon les comptes consolidés du groupe EDF 2024, le Chiffre d’Affaire est de 118,7 Milliards d’€ (dont 70,3 Milliards d’Euros en France et la quasi totalité du reste chez nos voisins européens). A noter que dans le chiffres d’affaire « activité production et commercialisation » 1/4 de la production est vendue à perte du fait de la loi NOME et de la tarification de l’ARENH qui bénéficie à la concurrence d’EDF.
La masse salariale en France est de 15 Milliards d’€ (soit 21,3% du Chiffre d’Affaire). Si on prend la MS totale par rapport au CA total du groupe le ratio passe à 14,2%.
Des petits malins feront sûrement la comparaison avec d’autres producteurs d’électricité en Europe mais ça n’a pas de sens puisque ces entreprises produisent moins et ont plus d’activité de trading/commercialisation (achat et revente sans production mais qui accroît le chiffre d’affaire). Par exemple Enel a un CA de 78,9 Milliards d’€ (soit 66% de celui d’EDF), a un ratio MS/CA de 6,3%, mais ne produit que 191,9 TWh (36% de la production d’EDF qui représente 520 TWh). A l’inverse, EDF qui a une grosse production industrielle, en particulier nucléaire, a besoin d’emplois très qualifiés, ce qui explique son ratio plus élevé.
L’EBITDA (profit brut) réalisé en France est de 26,5 Milliards d’Euros qui représentent 76% de l’EBITDA du groupe EDF. Ceci montre que le statut des salariés des IEG n’est ni un handicap sur les résultats financiers du groupes et ni un handicap sur la productivité du groupe.
La dette du groupe EDF en 2025 est de 51,5 milliards d’euros, soit un taux d’endettement brut (dettes/capitaux propres) de 110,7%. C’est important mais c’est cohérent avec les besoins capitalistiques du nucléaire. Mais un billet du blog de la Banque de France indique que la moyenne d’endettement brut des entreprises non financières est de 116%… Donc il n’y a pas de péril.
Il faut rajouter que la privatisation de 2004 à 2025 a coûté la somme de 40,736 Milliards d’€ à EDF en dividende à ses actionnaires. Quant à l’L’ARENH, de 2010 a aujourd’hui, elle a couté 28 Milliards d’€ à EDF. Autrement dit la dette a été fabriquée par la libéralisation par pas le « cout du travail » !!!
Venons-en à l’objet des polémiques : le tarif agent. La Cours des compte évalue son « coût » à 700 millions d’€. Mais en réalité, il s’agit d’un manque à gagner commercial, pas d’un coût de production de cette électricité (ou même du prix de gros). Donc le « coût » réel est probablement 3 à 4 fois moindre, ce qui signifie qu’il est dérisoire (0,2 à 0,3% du CA).
La perte commerciale à laquelle la Cours des Comptes fait référence explose avec l’augmentation des cours de l’électricité alors que les salariés ne consomment pas plus. C’est une présentation injuste ! Et on ne voit pas pourquoi EDF devrait obligatoirement faire du bénéfice commercial sur la vente d’électricité à ceux qui la produisent, ses salariés. C’est un avantage social, certes, mais c’est surtout un juste retour, au même titre que le salaire.
Comme d’habitude, la Cours des compte se préoccupe plus des « avantages » des salariés des entreprises publiques qu’elle contrôle les fraudes réelles sur l’argent public. Et comme d’habitude les médias se font la caisse de raisonnance des « révélations » pour servir une probable offensive du gouvernement contre les droits des salariés et aussi pour masquer d’autres sujets plus sérieux sur l’économie (effondrement de l’industrie, état catastrophique des services publics, et nombre de milliardaires en hausse… ceci expliquant cela).
Sources : Gilles Pereyron
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