Jugée coupable et condamnée, la candidature de Marine Le Pen provoque la bronca de la classe politique !

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Jugée coupable et condamnée, la candidature de Marine Le Pen provoque la bronca de la classe politique !

 

Malgré sa condamnation en appel dans l’affaire des assistants parlementaires, Marine Le Pen maintient donc sa candidature à l’élection présidentielle. Un choix qui suscite une bronca dans l’ensemble de la classe politique qui dénonce son manque d’exemplarité.

 

C’est un unanimisme suffisamment rare dans la classe politique pour être souligné. Depuis l’annonce de sa candidature, malgré sa condamnation en appel dans l’affaire des assistants parlementaires, Marine Le Pen est clouée au pilori par les responsables politiques, de gauche comme de droite.

 

Interrogé sur TF1, à la suite de l’intervention de la cheffe de file de l’extrême droite française, Gabriel Attal, le secrétaire général de Renaissance et candidat à l’élection présidentielle, n’a pas mâché ses mots, malgré les déboires de ministres avec la justice depuis 2017 : « Moi, j’appartiens à une nouvelle génération politique pour qui l’exemplarité, la probité, c’est probablement les valeurs les plus importantes. Et ce n’est pas pour nous des mots. »

 

L’ancien premier ministre de Macron a pointé la « dimension morale » d’une candidate « condamnée à deux reprises » pour « détournement de fonds publics », le mettant en parallèle avec les aspirations de Marine Le Pen d’« être président de la République et donc à garantir aux Français que vous allez faire respecter les lois, que vous allez faire respecter les règles ».

 

Le secrétaire général des Républicains (LR), Othman Nasrou, s’est lui étranglé face au choix de l’ancienne patronne du Rassemblement national de « prendre la démocratie en otage » et de « fragiliser les institutions ». « Sa candidature, malgré sa condamnation, est un revirement de plus qui abîme la confiance des Français envers la politique », a cinglé ce proche du candidat LR Bruno Retailleau, estimant que « le destin de la France ne peut pas se jouer à pile ou face ».

 

Édouard Philippe, maire du Havre et lui aussi lancé dans la course présidentielle sous les couleurs de son parti Horizons, a fait mine de tempérance, expliquant sur France 2 que Marine Le Pen devra expliquer son choix de se présenter à l’élection présidentielle, en étant condamnée en appel, « aux Françaises et aux Français qui trancheront ».

 

« C’est un marqueur du degré de corruption de la nation »

 

Tout en dénonçant un « nouveau revirement » de sa part, rappelant que par le passé, la candidate du RN avait affiché « tout le mépris qu’elle portait à celles et ceux qui avaient pu avoir maille à partir avec la justice ». À fleuret moucheté, en apparence tout du moins, la France Insoumise a rappelé dans un communiqué avoir « toujours indiqué [ne pas compter] sur les tribunaux pour battre le RN », avant de porter l’estocade : « Il lui appartient désormais de se déjuger ou non, et au Rassemblement national de choisir entre faire campagne un verre de champagne à la main ou un bracelet électronique à la cheville. »

 

Mélenchon avait déjà donné le ton avant même l’annonce de Marine Le Pen, rappelant que, quel que soit le ou la candidate d’extrême droite, le but de son mouvement « est de débarrasser le pays du RN et de ses candidats par la voie des urnes et la volonté du peuple lui-même. Adage créole : ”Même poil, même bête” et vice versa. Chassons-les tous ! »

 

Depuis les couloirs de l’Assemblée nationale, François Ruffin s’est, lui, demandé « comment peut-on imaginer une candidate à l’élection présidentielle qui fait campagne avec un bracelet électronique. C’est un marqueur du degré de corruption de la nation. » Un émoi partagé par Olivier Faure, le premier secrétaire du PS : « Quand on est candidat à la plus haute fonction présidentielle, on doit pouvoir se montrer exemplaire, ce qui n’est pas le cas. »

 

La patronne des écologistes, Marine Tondelier, a quant à elle relevé la « grande mansuétude » dont a bénéficié Marine Le Pen de la part de la Justice, « notamment en passant aussi rapidement en appel », la renvoyant ainsi à un statut de « privilégiée » : « Elle a eu droit à un traitement de faveur par rapport aux justiciables ordinaires »Et de faire mine de s’interroger : « Dans un monde normal où le RN aurait le plus petit soupçon de moralité, elle renoncerait d’elle-même à être candidate. Car on ne peut pas décemment se présenter à des élections après avoir été ainsi condamnée pour détournement de fonds publics, même si on reste éligible. »

 

Le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, a semblé jouer la retenue : « Je n’ai pas envie de commenter l’actualité du RN, embourbé dans une condamnation très lourde pour détournement d’argent public », a-t-il écrit. « Une telle condamnation, quel que soit l’aménagement de la peine, ne peut permettre de se présenter devant les Français. Il n’y a rien d’autre à dire », a-t-il fini par trancher.

 

Et pourtant, cette candidature de Marine Le Pen, malgré sa condamnation en appel, risque bien de faire (encore) beaucoup parler dans les mois à venir…

 

Bruno Rieth  Article publié dans l'Humanité

Publié dans Extrême droite, Le Pen

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