Non-revalorisation du point d’indice des fonctionnaires, un appel à la grève le 29 septembre

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

David Amiel a refusé d’augmenter le point d’indice des fonctionnaires, non revalorisé pour la troisième année consécutive. © SIMON WOHLFAHRT / AFP

David Amiel a refusé d’augmenter le point d’indice des fonctionnaires, non revalorisé pour la troisième année consécutive. © SIMON WOHLFAHRT / AFP

 

Les syndicats de fonctionnaires relancent leur appel unitaire à la grève pour le 29 septembre, pour protester contre le refus de l’exécutif, pour la troisième année consécutive, de procéder à une revalorisation globale de leurs salaires.

 

Le point de rupture a été atteint. Le 8 juillet, les représentants des huit organisations syndicales de la fonction publique ont quitté comme un seul homme la réunion sur les salaires organisée avec le ministre des Comptes publics, David Amiel.

 

Confrontés à la confirmation par l’exécutif d’une année supplémentaire de gel du point d’indice, au motif qu’une revalorisation de 1 % coûterait 2,4 milliards par an à l’État, ils ont confirmé leur appel à une journée de grève le 29 septembre, déjà annoncé dans un tract commun fin juin.

 

« On ne s’attendait pas à un miracle, mais on espérait quand même que serait posé sur la table le problème de la paupérisation des agents de la fonction publique, de la perte d’attractivité qui va avec et hypothèque l’avenir des services publics », se désole Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU.

 

Depuis plus de dix ans, le niveau de vie des fonctionnaires n’a cessé de fondre.

 

« Il n’y a eu aucune revalorisation de nos salaires pendant le premier quinquennat Macron. En 2022, il y a eu une hausse de 3,5 % mais l’inflation était à 6 %. Il y en a eu une autre pendant la période de forte hausse des prix, mais toujours très en dessous du niveau de l’inflation et du coup, nos rémunérations ont décroché », rappelle la syndicaliste.

 

À titre d’exemple, un salaire d’enseignant est passé de 2,3 à 1,2 smic entre les 1990 et aujourd’hui. Signe de ce déclassement, un nombre croissant de fonctionnaires, près de 900 000 au total, ont une grille salariale inférieure au SMIC. Le versement d’une indemnité référentielle permet certes de compenser cette différence, mais n’offre aucune perspective d’avancement.

 

Le choix d’affaiblir les services publics

 

Pour faire passer la pilule, le gouvernement a bien tenté de promettre quelques mesures d’accompagnement : la reprise d’ancienneté pour les agents qui changent de corps, un accroissement des possibilités de promotion, notamment pour les catégories C et B, les plus mal rémunérées.

 

Reste que pour les organisations syndicales, le compte n’y est pas. « Ni l’activation de l’indemnité différentielle, ni les mesures ponctuelles sur les frais de déplacement ne remplacent une revalorisation générale des rémunérations, à commencer par la valeur du point d’indice », avaient-ils d’ailleurs déjà rappelé dans leur tract fin juin.

 

« C’est vraiment irresponsable de maltraiter celles et ceux qui mettent en œuvre les politiques publiques », estime Caroline Chevé. D’autant que ce refus de revalorisation s’ajoute aux annonces de non-renouvellement de postes pour affaiblir les services publics.

 

Un choix politique « inacceptable », selon la syndicaliste, alors qu’au contraire, « la situation actuelle nécessiterait d’y investir massivement pour pouvoir faire face au réchauffement climatique, protéger les plus fragiles face à l’explosion des inégalités, et préparer l’avenir ».

 

Hélène May Article publié dans l'Humanité

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