Loi d'urgence agricole : les normes par dessus bord !
Sous prétexte de « simplification », les régressions exigées par le patronat agricole trouvent systématiquement écho favorable auprès du gouvernement, de la ministre de l’Agriculture, des députés de droite et d’extrême droite.
La loi d’urgence agricole adoptée au parlement fin juillet et validée dans ses reculs par le Conseil constitutionnel, vient d’être promulguée. Cette troisième loi en un an répond encore une fois aux exigences mortifères du patronat agricole qui, à coup de pression et de coups de force, obtient le détricotage des normes sociales et environnementales.
La réintroduction de l’acétamipride et du flupyradifurone, la porte largement ouverte à la construction de méga-bassines font la part belle à cette caste réactionnaire. Fidèle au patronat, le gouvernement sacrifie la santé des travailleurs de la terre et de la population, dégrade l’environnement, les ressources naturelles, la biodiversité pour accélérer l’immersion de l’agriculture dans les lois du marché mondial capitaliste. La concentration agraire, la spécialisation, l’intensification de la production conduisent à un affaiblissement de nos filières agricoles et alimentaires nationales.
Les ouvrières et ouvriers agricoles subissent de plein fouet ces lois liberticides qui portent atteinte à leur santé et à leurs conditions de travail. Malgré les limites du dispositif, les chiffres du fond d’indemnisation des victimes de pesticides sont criants, les demandes ont augmenté de près de 7 % en un an. Les salariés subissent chaque année les attaques contre les normes sociales. Cet été encore, se sont multipliées les demandes de dérogations pour imposer aux salariés de travailler 70 heures par semaine. Si la canicule a gravement dégradé les conditions de travail, c’est surtout le non-respect des 35 heures et les cadences de travail qui sont cause de la multiplication des accidents et morts dans les exploitations et les champs.
Faisant régner la loi du seigneur, le patronat agricole considère les salariés de l’agriculture comme de la chair à canon. Les conditions d’accueil des saisonniers sont lamentables, avec des hébergements indignes. Une nouvelle fois des cas de traite d’êtres humains sont révélés. Toute honte bue, les patrons tentent de rendre légale l’atomisation des normes. Cette année encore, dans le champagne, le SGV a proposé un accord dérogatoire pour réduire les mètres carrés des logements saisonniers. Le patronat et ceux qui valident ces dérogations ont une lourde responsabilité quant aux conséquences irréversibles sur la santé des salariés.
Il est urgent de rompre avec les logiques capitalistes qui surexploitent les hommes et les femmes et la terre. Un autre type de développement agricole répondant aux besoins alimentaires de la population nécessitant une planification publique nationale des activités agricoles, est indispensable.
Invisibles, les ouvriers agricoles, font pourtant vivre un secteur économique essentiel pour la nation. Il est urgent de respecter leurs droits et de répondre à leurs légitimes revendications, de reconnaitre leurs qualifications, d’augmenter les salaires, et d’améliorer leurs conditions d’emploi, de vie et de travail.
Montreuil, le 24 août 2026 Déclaration de la FNAF-CGT
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