"Où se cache le loup ?" Déclaration de la FNAF-CGT

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Manifestation des gardiens detroupeaux au salon de l'agricullture
Manifestation des gardiens detroupeaux au salon de l'agricullture

Manifestation des gardiens detroupeaux au salon de l'agricullture

 

Le 13 août dernier le journal Le Point publiait un article titré « Les bergers, le loups… et la CGT ». Dans cet article le journaliste laisse sous-entendre subtilement que les gardien-nes de troupeaux se seraient organisés en syndicats CGT notamment parce que la présence du loup compliquerait les conditions de travail. Ce faisant le journaliste sert la soupe aux éleveurs qui hurlent plus que le prédateur dans tous les couloirs des ministères pour obtenir des autorisations de les abattre, et tente honteusement d’y associer la CGT.

 

Le Point, fidèle à sa classe, invisibilise ce que dénoncent les syndicats CGT des gardiens de troupeaux et leurs revendications, invisibilise la responsabilité des patrons concernant les conditions de vie et de travail indignes dans lesquelles les salariés sont plongées.

 

La concentration, avec des cheptels de plus en plus importants, fait largement plus de victimes que la prédation, avec des bêtes en mauvais état de santé avant la montée en estive. Les gardiens de troupeaux se retrouvent ainsi avec des animaux malades et blessés qu’ils doivent soigner régulièrement, ce qui alourdit considérablement la charge de travail. Sans protection pour leur propre santé, les gardiens de troupeaux sont confrontés à des risques importants de zoonose.

 

Non ce n’est pas du fait du loup que les gardiens de troupeaux n’ont pas d’eau potable, de reconnaissance de leurs qualifications, de jours de repos, qu’ils sont logés dans des conditions insalubres, payés 44 heures maximum alors qu’ils en font 80, ont des conditions de travail dignes du Moyen-Age, subissent des violences…

 

Le patronat agricole agit avec les gardiens de troupeaux comme il agit avec tous les ouvrier-es agricoles, il foule au pied les conquis sociaux. Que ce soit en plaine, en colline ou en montagne ce dont rêve les patrons ce sont des zones de non-droit.

 

En affirmant que la CGT et la FNSEA seraient d’accord sur la nécessité de créer un « quelconque statut », Le Point tente de mettre un signe d’égalité entre les revendications légitimes des travailleurs et les manœuvres du patronat agricole. Nous nous battons depuis près de 4 ans pour obtenir un avenant à la convention collective nationale permettant le respect et l’amélioration du droit du travail en prenant en compte les spécificités notamment avec des dispositions similaires au statut des marins. Sur fond de discrimination syndicale,

 

La FNSEA n’a eu de cesse de bloquer les négociations. Notre organisation a dû exiger leurs mises en commission mixte, sous la présidence du ministère de l’Agriculture. La FNSEA ne veut pas améliorer les conditions d’emplois, de travail et de vie des gardiens de troupeaux. Elle attaque les salariés avec une proposition de projet de loi, qu’elle a travaillée et portée par l’extrême droite, pour contourner les négociations et inscrire dans la loi la dérogation au droit du travail. Une loi pour rendre légales les pratiques infâmes du patronat.

 

La phrase de notre camarade Samy, seul adhérent de la CGT qui intervient dans l’article résume très bien la réalité de nos combats « nous sommes les prolétaires de la montagne ».

 

Malgré l’isolement et la précarité, les gardiens de troupeaux se sont organisés de manière importante à la CGT (n’en déplaise au journaliste et au patronat agricole), pour exiger le respect de leurs droits individuels et collectifs et en gagner de nouveaux. Ce n’est pas les basses manœuvres de la presse bourgeoise qui fera dévier nos luttes.

 

Montreuil, le 18 août 2026

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