Edgar Grospiron débarqué de la présidence du Comité Olympique et paralympique Alpes 2030.
Le champion olympique de ski de bosses a quitté son poste ce jeudi à l’issue d’un bureau exécutif et de dix-huit mois de mandat marqués par les tensions au sein de l’instance et avec les acteurs politiques.
A trois et an et demi des Jeux olympiques d’hiver 2030 en France, le président du comité d’organisation de l’événement, Edgar Grospiron, a démissionné ce jeudi 10 septembre, à l’issue d’un bureau exécutif de l’instance. «Sa décision de quitter la présidence s’inscrit dans une transition choisie, organisée et assumée, dans l’intérêt du projet et de sa gouvernance. Elle traduit une volonté partagée avec les parties prenantes de permettre à l’organisation d’entrer rapidement dans cette nouvelle phase opérationnelle», a assuré l’instance dans un communiqué.
Il y a quelques jours, une source proche du dossier évoquait «un problème de confiance» et estimait qu’il «n’est jamais trop tard» pour un changement de président.
Le champion olympique de ski de bosses à Albertville en 1992 avait pris les rênes du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) de 2030 il y a un an et demi, en février 2025. Il avait été désigné quelques jours après le retrait de la candidature du biathlète star Martin Fourcade. Ce dernier avait payé la défiance de Laurent Wauquiez et du président de Paca, Renaud Muselier, à l’origine de la candidature commune validée par le Comité international olympique (CIO) en 2023.
Les premières tensions sont révélées au grand jour avec les démissions en cascade de la directrice des opérations, Anne Murac, en décembre 2025, du directeur de la communication, Arthur Richer, en janvier, puis du président du comité des rémunérations, Bertrand Méheut, à l’ouverture des JO d’hiver de Milan-Cortina, début février. Ce dernier reproche notamment à Edgar Grospiron de se comporter « comme s’il était PDG, hors de tout contrôle, sans en avoir la compétence ». Les tensions culminent avec le départ forcé du directeur général Cyril Linette, fin février, en raison de " désaccords "
Depuis de longs mois, l’organisation des JO dans les Alpes françaises est secouée par cette crise de gouvernance, à la suite de ces départs successifs dont celui du numéro deux Cyril Linette. Le précédent bureau exécutif, fin juillet, le dernier avant la trêve estivale, avait achoppé sur deux nominations de cadres proposées par Edgar Grospiron. Les parties prenantes des JO - gouvernement, régions hôtes, comités olympique et paralympique - avaient exprimé des désaccords sur les profils pressentis, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabrice Pannekoucke, ayant même claqué la porte avant d’assister à la suite de la réunion en visio.
Visite du CIO dès lundi
Au-delà de tensions en interne, Edgar Grospiron affrontait également depuis son arrivée des luttes d’influence politique ainsi que des crispations avec certains acteurs en région, qui vivent mal la volonté de certains responsables parisiens de transplanter dans leurs territoires de montagne l’expérience de Paris 2024.
La prochaine échéance de taille pour le Cojop est la visite à Lyon dès lundi, pour trois jours, d’une délégation du Comité international olympique (CIO) pour inspecter les sites devant accueillir les épreuves de glace en 2030.
Sources : AFP et Libération
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