Nouvelle saignée dans l’emploi chez Renault-Trucks Saint Priest-Vénissieux (69)

Publié le par Jean Chambon

Entrée de Renault Trucks à Saint Priest-Vénissieux

Entrée de Renault Trucks à Saint Priest-Vénissieux

Il y a un peu plus d'un an, la CGT Renault Trucks faisait la démonstration chiffrée que le "coût du capital" était la cause majeure du manque d'efficacité économique, industrielle et sociale de Renault Trucks filiale du groupe suédois Volvo. Les dividendes faramineux versés aux actionnaires sont la raison première des emprunts contractés auprès des banques par la filiale, ce qui génère autant d'intêréts à ces dernières. Ainsi, la CGT a montré que de 2001 à 2013, 83 % des 11 milliards de bénéfices réalisés par le groupe Volvo ont été distribués aux actionnaires sous forme de dividendes.

Les salariés paient le prix fort d'une telle stratégie fondée sur la recherche de la rentabilité. L'austérité salariale et le recul permanent des effectifs avec la montée de la précarité des emplois et des situations, sont devenus les dogmes de la direction de l'entreprise. 

La dégradation des conditions de tavail qui détruit la santé et un mode de management imbécile qui les stresse sont devenus insupportables au point que les CHSCT ont du lancer de nombreuses alertes. Mais rien n'y fait, la direction poursuit dans le même sens, : du fric pour les actionnaires, et pour les salariés de la sueur, des larmes et du sang !

Malgré ces souffrances quotidiennes, dans chacun des établissements, dans les ateliers, les seervices et les bureaux, les salariés font preuve d'un grand professionnalisme comme le démontre la nouvelle gamme de Renault Trucks, lancée en 2013, qu'ils ont pensée, élaborée et construite avec des véhicules bourrés de technologies et d'intelligence humaine pour les rendre plus robustes, performants, économes, écologiques et ergonomiques pour leurs chauffeurs.

Cet investissement humain, technologique et financier nécessaire pour "offiir de tels produits" que la direction du groupe Renault Trucks valorise outrageusement avec sa campagne de pub, risque de voir complètement annihilés son retour sur investissement en termes éconmique et social par la stratégie financière imposée par le groupe AB Volvo. 

Depuis plusieurs mois, les syndicats expriment leur inquiétude et alertent les salariés et l'opinion publique. Aujourd'hui le couperet est tombé, la direction de Renault Trucks vient d'annoncer une nouvelle casse humaine avec la suppression de 591 postes, “essentiellement dans les services administratifs de l’organisation commerciale” au siège de Saint-Priest-Vénissieux.

Cette nouvelle saignée dans les effectifs intervient un an après un plan précédent qui a cassé 508 emplois, dont 319 en région lyonnaise, la disparition de 800 postes de prestataires et intérimaires et des milliers dans la sous-traitance. Le potentiel industriel de Rhône Alpes est rabougri, la filière du véhicule industriel affaiblie face à la concurence et la terrible crise sociale est aggravée.

La direction veut justifier cette grave décision en affirmant que : “le but est d’augmenter l’efficacité et de réduire les coûts”. Elle précise que “ce projet, qui ne touche pas les forces de vente, prévoit le maintien de tous les sites de fabrication de camions, et de leurs composants, en France, et n’affecterait pas les postes d’agents de production.”

Cela n'a pu qu'attiser la colère du personnel et des organisations syndicales, d’autant plus que les résultats de Renault Trucks sont bons en 2015, avec une progression des ventes du constructeur de poids lourds de 35 % ! La nouvelle gamme de camions lancée en 2013 produits ses effets.

Avec raison les syndicats parlent tous de“licenciements boursiers”. Ils savnt que quand une direction parle de "réduire les coûts", cela signifie toujours moins d'emplois, moins de salaires, moins de reconnaissance du travail et plus de précarité, plus d'inégalités, plus d'agressions à la santé et plus de dividendes aux actionnaires de Volvo et de Cevian. 

Telle est la raison d'être du fonds de pension Cevian devenu l’actionnaire majoritaire du groupe suédois en février. Cevian est défini, dans le lexique financier, comme un fonds “activiste”. Il n’investit dans le capital que sous condition de dégager rapidement une plus-value substantielle au profit de ses propres actionnaires. Peu importe l'emploi, les salariés, notre industrie et la situation économique des régions et du pays déjà mises à mal par les politiques d'austérité de Sarkozy et poursuivies par Hollande.

La politique de "l'offre" est une ineptie ! Elle n'est qu'un prétexte pour transférer aux entreprises des milliards (nos impôts) sous la forme du CICE ou du pacte de compétitivité. Le scandale Renault Trucks démontre une fois de plus que l'issue à la crise ne passe pas par de tels solutions qui tueront définitivement le malade. 

Elle passe par une réponse de haut niveau à la formidable demande sociale avec la revalorisation des salaires, la reconnaissance du travail, la transformation des emplois précaires en emplois stables en CDI, l'interdiction des supressions d'emplois "boursiers", la mise en place d'une sécurité d'emploi et de formation, le refus par l'Etat de verser le CICE, le pacte de compétitivité, les fonds publics de toutes sortes notamment pour le Pôle de compétitivité LUTB (Régionaux et de la Métropole) en cas de suppression d'emplois ou de non embauche, l'interdiction de verser des dividendes aux actionnaires en cas de non progression des effectifs salariés et des pouvoirs nouveaux pour ceux-ci et leurs syndicats comme un "droit de véto" en cas de supression d'emplois non justifiés économiquement et socialement.

Telles sont les idées et propositions que le Front de Gauche met en débat auprès des salariés de Renault Trucks et de la sous-traitance du groupe.

Ensemble construisons la résistance et une issue progessiste, sociale, démocratique et écologique à la crise de ce système en perdition. 

Publié dans Industries

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