Les métallos en colère gagnent quand ils se mobilisent ! La preuve par Descours et Cabaud à Nantes

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Les métallos en colère gagnent quand ils se mobilisent ! La preuve par Descours et Cabaud à Nantes

Après trois jours de grève, les salariés de l’entreprise nantaise ont obtenu la satisfaction de la quasi-totalité de leurs revendications, parmi lesquelles une augmentation de cent euros net par mois.

« Trois jours, on est tous morts, des journées de 12 à 13 heures, les négos... Franchement, on ne pensait pas que c’était si dur une grève, mais on n’a rien lâché et on a gagné », lance Grégoire, un des ouvriers du site de Nantes (Loire-Atlantique) du groupe distributeur de produits pour l'industrie et le BTP, Descours et Cabaud, sur sa page Facebook.

Après trois jours de grève, Grégoire et ses collègues ont arraché une bonne partie de leurs revendications : « Une hausse du salaire de base de cent euros net par mois, l’embauche de nouveaux salariés, paiement de deux heures supplémentaires au tarif de nuit pour l’équipe de nuit, accélération des mesures concrètes concernant la sécurité et mise en place urgente de ces mesures ».

A cette liste s’ajoute le paiement de deux jours sur les trois effectués de la grève qui avait démarré lundi dernier. Une « première grève depuis que l’entreprise s’est installée à Nantes (il y a 15 ans) »,  avait déclaré dans Ouest France Julien Lescour, délégué CGT, au premier jour du débrayage. « Ça fait des années que l’on demande que nos conditions de travail changent. Sans succès. Là, c’est un ras-le-bol général. Les nouvelles embauches ont été faites sur le même salaire que ceux qui sont là depuis quinze ans. Ça a été la goutte d’eau. »

Trois accidents en un mois

Malgré la tempête, les salariés ont répondu présents. Sur les 33 que compte le site, plus d’une vingtaine étaient en grève et présents devant les grilles de leur entrepôt. « 100 % des gars, 100 % ! Sans les chefs, normal, mais on est tous là », s’est réjoui Grégoire.

Dans une lettre que la CGT a rendu publique, il dénonce ses conditions de travail. « Nous, on transporte de l’acier (…). Avec des commandes qui mesurent 15 mètres et pèsent 25 tonnes. Et quand on va bosser, on risque notre peau, et aussi celle des autres. Et il y a le sous- effectif, le retard, la pression, les accidents qui grimpent en flèche, les arrêts maladie, les prises de risque... Trois accidents en un mois. Jusqu’à quand ? La mort d’un collègue ? » écrit-il.

La grève, « ce n’est pas seulement une question d’augmentation, c’est avant tout la question de la mise en danger de la vie d’autrui. C’est pour cela que nous réclamons une prime de risque, une formation solide pour les nouveaux embauchés et les intérimaires. Et une véritable reconnaissance salariale pour les responsabilités et le danger que nous affrontons quotidiennement, pour les collègues blessés, et parce qu’il est révoltant de partir au travail la boule au ventre ».

Ce vendredi, 6 heures, tous avaient repris le travail. Le sourire aux lèvres.

Journaliste à la rubrique social-économie de l'Humanité

Publié dans Luttes sociales

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