Après la Loi Travail Hollande continue le sâle boulot avec la privatisation des aéroports !

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Après la Loi Travail Hollande continue le sâle boulot avec la privatisation des aéroports !
Après la Loi Travail Hollande continue le sâle boulot avec la privatisation des aéroports !

Après le scandale de la privatisation des autoroutes, le gouvernement aujourd'hui privatise les aéroports. Dans la torpeur de l’été et pendant que les esprits étaient sur les crimes de Nice et de Saint Etienne du Rouvray, le gouvernement Valls a finalisé la privatisation des aéroports de Nice et de Lyon.

Cette privatisation prévue par la loi Macron a été conduite en application des directives de l’Union Européenne. Dans le même temps le processus de privatisation des barrages hydroélectriques, toujours sous les ordres de Bruxelles se poursuit.

Des aéroports appartenant au patrimoine national sont bradés au privé avec l’aide de fonds publics.

En application des lois de décentralisation les aéroports régionaux ont été transformé en concession en 2005 dont la majeure partie était détenue par l’Etat et une minorité par les CCI conjointement avec les collectivités locales. Il s’agissait ainsi de lancer le processus de privatisation des aéroports. Sous la pression de l’UE, le gouvernement Valls a mis en œuvre cette privatisation

La part de 60% de l’état dans la concession l’aéroport de Nice a été vendue au fond d’investissement Atlantia, (un fond italien spécialisé dans les infrastructure ainsi que l’aéroport de Rome (10%) lui-même détenu par Atlantia ainsi qu’EDF Invest filiale d’EDF (25%) dont les revenus sont supposés couvrir les futurs coûts de démantèlement des centrales nucléaires) pour un montant de 1,2 milliards d’euros. Les 40% restant demeurent détenus par les collectivités locales et la CCI.

Atlantia détient ainsi la concession jusqu’en 2044. Pour mesurer combien le montant de la vente du troisième aéroport français est une mauvaise affaire pour l’état, il suffit de comparer la valorisation de cette infrastructure avec le bénéficie (EBITDA) dégagé par l’aéroport. En 22 ans, le fond d’investissement aura remboursé totalement son achat, ce qui correspond à une rentabilité de 4,5%. Cela signifie que Atlantia vient d’acquérir pour la somme de 1,2 milliards d’euros, 1,68 milliards d’euros de revenus potentiels. La décision du gouvernement Valls prive ainsi le budget de l’état c’est à dire chaque français d’un demi milliards d’euros. Atlantia a devancé sur le fil la multinationale française du BTP Vinci alliée à la Caisse des dépots.

C’est justement Vinci qui a emporter, jusqu’en 2047 soit pendant 31 ans les 60% des parts de l’état dans l’aéroport de Lyon, le 4e aéroport français, pour un montant de 535 millions d’euros, valorisant la totalité de la concession à 921 millions d’euros. L’EBIDTA de l’aéroport étant de 53 millions d’euros, cela signifie que Vinci aura remboursé son achat en … 17 ans. Et que l’Etat se prive de 721 millions d’euros sur ces 31 prochaines années. Il faut noter que Vinci est déjà actionnaire minoritaire du groupe Aéroport de Paris qui détient les aéroports de Roissy et Orly.

Ainsi la privatisation des aéroports de Nice et Lyon pourrait donc couter plus de 1,2 milliards d’euros aux français. Et après le gouvernement prétend que les caisses de l’Etat sont vides!

La région Rhone Alpes a déposé un recours contre l’attribution de la concession de Lyon, dénoncée comme « viciée ». L’Autorité de la Concurrence devra vérifier si ces privatisations sont conformes au fonctionnement du marché entre les différents aéroports français.

Sur le fond, il faut constater combien cette privatisation est contreproductive et s’oppose à l’intérêt national. Cette vague de privatisation des aéroports introduit de fait une concurrence entre les différentes plateformes aéroportuaires là où l’Etat avait la possibilité de conduire un développement harmonieux et complémentaire permettant une rationalisation positive des différents aéroports, à mème de diminuer non seulement les coûts mais surtout de pouvoir limiter l’empreinte environnementale des ces infrastructures.

L’exemple de l'aéroport de Notre Dame des Landes confié à Vinci et surdimensionné avant même d’être construit, est à ce titre édifiant. une politique économique et écologique des transports en France – et les défits sont grands en la matière – nécessite au contraire de pouvoir s’appuyer sur une maitrise publique des infrastructures de transport.

Ces privatisations sont par ailleurs porteuses de conflit d’intérêt contradictoire avec la nécessité de service public.

Les intérêts des groupes capitalistes détenant différents aéroports ne seront pas forcément ceux des populations qui dans les régions utilisent ces aéroports. Elles vont également appauvrir le pays en fragilisant encore plus la compagnie nationale Air France en accroissant la dynamique d’implantation des compagnies étrangères "low cost" sur le sol national, compagnies aérienne qui en bénéficiant de l’absence de concurrence, mettent encore plus sous la pression du dumping social les travailleurs du secteur aérien.

Sans présenter aucune garantie par ailleurs contre la constitution de monopoles capitalistes, à l’image de Vinci présent désormais dans les aéroports de Lyon, Nantes et Paris… les privatisations d’aéroports répondent aux directives européenne de libéralisation de l’aviation UE.

Les privatisations des aéroports de Nice et Lyon ne sont pas un cas isolé. La Grèce vient ainsi de céder quatorze aéroports à l’Allemagne, en application du troisième memorandum imposé sous la menace de l’Euro à la Grèce mis en œuvre alors que les grecs avaient voté contre à plus de 60% par referendum. C’est ainsi que la société allemande Fraport fait main basse – dans ce qui ressemble à l’évidence à du racket – sur 14 aéroports du pays contre la modeste somme de 1,2 milliards d’euros. Ces privatisation vont venir diminuer les ressources de l’état grecs et donc augmenter son déficit soumettant un peu plus la Grèce à la dictature de l’Union Européenne, via l’euro et le chantage permanent des marchés financiers.

France, Italie, Grèce tout montre que les peuples ont besoin plus que jamais de solidarité, de luttes convergentes pour peser positivement afin d'empêcher de tels bradages des biens nationaux de chacun aux multinationales et pour faire progresser l'idée d'un besoin de services publics forts et éfficaces avec des droits et pouvoirs nouveaux des salariés.

Publié dans Politique nationale

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