Victoire à l’hôtel Ibis de Bagnolet pour les travailleurs sans-papiers

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Victoire à l’hôtel Ibis de Bagnolet pour les travailleurs sans-papiers

Après deux semaines de grève, les salariés de ce centre d’hébergement ont arraché les documents nécessaires à leur régularisation.

Ils soufflent enfin. Depuis deux semaines, dix salariés dont neuf travailleurs sans papiers, sous-traitants de Coallia qui gère l’hôtel Ibis de Bagnolet, en Seine-Saint-Denis, réquisitionné par l’État pendant la pandémie pour le transformer en centre d’hébergement, étaient en grève.

Vendredi soir, l’opérateur de l’action sociale s’est engagé à fournir les documents Cerfa, des promesses d’embauche individuelle, mais aussi « un courrier d’accompagnement pour chaque salarié lors du dépôt en préfecture du 93, précisant les fonctions, l’engagement et le sérieux de chacun des salariés », cite la CGT 93 dans son communiqué. Soit autant de pièces indispensables à leur régularisation.

« Un succès important qui marque une étape décisive dans le parcours engagé par les salariés », se félicite le secrétaire général de la CGT de Seine-Saint-Denis, Kamel Brahmi. D’autant qu’il est rare de les obtenir « directement du donneur d’ordres », ajoute-t-il. Sans doute parce que « ce combat (…) a reçu le soutien de nombreux parlementaires, élus, militants syndicaux, associatifs et politiques de la Seine-Saint-Denis », poursuit-il.

La victoire est d’autant plus belle qu’elle fait suite à celle, « partielle », obtenue la veille auprès de leur employeur, le sous-traitant Gaba Global Service International, missionné par Coallia pour gérer le centre d’hébergement.

Lequel a touché pour remplir cette mission pas moins de 1,6 million d’euros par an depuis 2020, rappelle la CGT, et se permettait d’exploiter au maximum ces salariés venus d’Afrique de l’Ouest en les faisant travailler plus de cinquante heures par semaine, sans rémunérer leurs heures supplémentaires, en versant les salaires avec toujours deux à trois mois de retard, allant même jusqu’à ne plus les payer depuis mars, sous prétexte que le donneur d’ordres avait dénoncé le marché.

En fin de semaine, le patron de Gaba Global Service International leur a versé une partie des impayés de salaires. Chaque travailleur aurait touché entre 3 000 et 5 000 euros, précise Kamel Brahmi. Ce qui correspond selon le calcul du syndicat à un tiers des sommes dues.

Si les grévistes ont stoppé leur mouvement et annulé le rassemblement prévu ce lundi devant les locaux de Coallia, la bataille va se poursuivre.

D’abord à la préfecture, précise le secrétaire général de la CGT 93, afin d’obtenir « un suivi et un traitement collectif des dossiers de régularisation ».

Ensuite aux prud’hommes, pour faire respecter le Code du travail. Si le patron de Gaba Global Service International a assuré aux grévistes « qu’il allait prochainement compléter ses paiements avec “un solde de tout compte”, l es heures supplémentaires, les heures de nuit et les week-ends, les congés payés continueront de manquer à l’appel », affirme la CGT, qui n’exclut pas de porter aussi l’affaire au pénal.

Clotilde Mathieu Article publié dans l'Humanité