La bourgeoisie du 16ème arrondissement de Paris telle qu'elle est...

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

La bourgeoisie du 16ème arrondissement de Paris telle qu'elle est...

On la pensait polie, réservée, chic et maniérée, patatras tout le vernis a explosé quand la bourgeoisie du 16ème arrondissement a appris qu'elle cohabiterait avec des SDF, des gens ordinaires qui ne sont pas sortis de la cuisse de jupiter, qui gagnent des salaires modestes, sont inscrits au chômage ou sont victimes de l'exclusion, fréquentent les grandes surfaces, le bistrot du coin et les campings pendant leurs congés quand ils en ont, et surtout des gens différents par leur physique ou leurs origines.

Mais les riches ne veulent vivre qu'entre eux, rien qu'entre eux. La populace comme ils la qualifient, ils ne veulent pas la connaitre et encore moins se mélanger à elle, ils veulent continuer de l'ignorer et de la renvoyer dans les banlieues populaires. Les riches entre eux et les pauvres entre eux, si on les écoute!

Peux-être qu'au fond d'eux mêmes, ils se rendent compte que la terrible crise sociale issue d'un système qui ne fonctionne que pour eux, va s'étendre jusqu'au devant leur porte et les montrer d'un doigt accusateur et responsabilisant !

Alors, comme ils savent si bien le faire, les riches sortent leur carapace, font le choix de ne rien vouloir voir et vont jusqu'à insulter les représentants du peuple qui ne cèdent pas à leur diktat et contestent leur arrogance en leur rappelant que s'ils habitent le 16ème arrondissement de la capitale cela ne saurait signifier qu'ils en soient les seuls propriétaires et qu'ils ne doivent pas accepter de prendre en compte l'intérêt général.

Pensez-vous, leur réaction de classe a été la plus forte hier. Elle a été jusqu'aux insultes. Au fond les riches sont pire que la populace en colère, ils utilisent des méthodes violentes accompagné d'un langage ordurier. Mais chez eux, il n'y a pas les CRS pour faire régner l'ordre et leur faire respecter les élus du peuple qui restent incorruptibles à leur puissance financière.

Ainsi, vingt-cinq minutes : c’est le temps qu'il aura suffi aux riverains du très chic arrondissement parisien du 16ème pour démolir une réunion consacrée à un projet de centre d’hébergement d’urgence, après des dérapages en tous genres.

«Escroc», «fils de pute», «menteur», «collabo», «stalinien», «vendu», «salopard», «salope», «caca» : c’est la liste, non exhaustive, des insultes et insanités proférées en moins de vingt-cinq minutes par la bourgeoisie de cet arrondissement de Paris venus assister à une réunion d’information sur un projet de centre d’hébergement d’urgence.

Pas question, pour ces riverains, de voir s’ouvrir d’ici l’été ce centre pour 200 personnes en bordure du bois de Boulogne. L’argument de la solidarité parisienne ne prend pas. Peu importe que le très chic arrondissement ne compte aujourd’hui qu’une vingtaine de places d’accueil, quand d’autres en ont plusieurs centaines.

Irritée par les vociférations de la salle, la préfète de Paris Sophie Brocas menace d’«arrêter de parler». Cris de joie : «Oui ! Oui !» Quelques instants plus tard, elle tente de rassurer le public avec cet argument étrange : «Je le dis avec la plus grande fermeté : il n’y aura pas de migrants dans ce centre, de personnes qui viennent d’Afrique et d’ailleurs.»

Peine perdue, les SDF n’émeuvent guère plus la foule qui redouble de protestations. «Mettez-les à Calais», lance un homme. Certains sortent des sifflets, d’autres entonnent des «Hidalgo démission !».

Le «débat» dure à peine depuis quinze minutes quand les travées latérales sont envahies par les plus excités. Les insultes fusent. Un homme traite la préfète de «salope», un autre s’en prend à Claude Bartolone, qualifié de «salopard». «Escroc, fils de pute !»

Face à la tension croissante, le président de l’université Dauphine tente de ramener le calme. «Est-ce que vous vous rendez compte du spectacle que vous donnez aux étudiants ?» Pour seule réponse fuse un «connard». «Je suis votre hôte, un minimum de respect s’il vous plaît !»

Quelques secondes plus tard, Laurent Batsch décide d’interrompre la réunion. «Je suis garant de la sécurité», se justifie-t-il. Réaction d’un poète : «Escroc, fils de pute !» Un vieil homme en est sûr, l’interruption de la réunion est une «combine». Il se lance dans une diatribe contre les journalistes, qui «sont comme la police».

A quelques pas de là, Florent ne décolère pas contre ce «nouveau Sangatte qu’on veut nous imposer au bois de Boulogne». «Les gens du quartier ont dépensé un argent fou pour acheter leur appartement et on va leur mettre des Algeco sous le nez», s’énerve-t-il. Comme quoi l'instinct de propriété est puissant se coyant tout permis, notamment de mener la chasse aux pauvres !

Sur le fond, Enguerrand redoute l’arrivée de nouveaux arrivants dans le quartier. «Cette population de migrants va trouver dans l’arrondissement un corps étranger», estime-t-il.

Catherine, elle, suppute que les SDF et «leurs chiens» vont «installer leurs tentes» dans le coin.

Ces faits ne sont pas réjouissants, ils démontrent un mépris du peuple inacceptable, ils démontrent que les riches refusent le moindre partage en ces temps difficiles que la société traverse et dont ils sont en grande partie responsables! Ces bourgeois font peur, ne sont-ils pas capables demain de construire des murs pour continuer à vivre seuls, coupés des réalités, et être rassurés en ne vivant qu'avec leurs propres réalités faites d'abondance, de pouvoirs dus à leurs coffres remplis et de beaucoup de vernis clinquant !

Ces graves faits devraient faire cogiter pas mal de nos concitoyens et au moins les stimuler à lire ou relire le livre "La Violence des riches " de nos amis Pinçons Charlot.