Une vague rouge, verte et jaune a déferlé samedi, pour le climat et la justice sociale

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Une vague rouge, verte et jaune a déferlé samedi, pour le climat et la justice sociale

Selon les organisateurs de la « Marche du siècle », plus de 100 000 manifestants ont défilé à Paris et 350 000 en France.

Il y avait beaucoup de monde à Paris et dans les villes de France ce samedi 16 mars. Ils avaient ou le gilet rouge des communistes ou le gilet jaune à l'occasion de l'acte 18 de la vague de protestation et d'exigences ou le gilet vert pour ceux venus manifester pour le climat.

Rouge, jaune et vert un beau mélange de couleurs et de convergences qui porte des valeurs communes et des exigences qui vont dans le même sens: obliger le pourvoir à agir et à changer sa politique économique, sociale, écologique et financière afin de faire prévaloir les besoins des populations, ceux des générations futures en protégeant notre planète.

Les communistes ont débuté dès ce samedi de lutte, le matin à 10h avec un rassemblement imposant venu appuyer les 10 propositions pour la France issues du grand débat national.

C'est le 1er parti dans notre pays qui entreprend une telle démarche. Après les interventions d'André Chassaigne, de Ian Brossat et de Fabien Roussel ces 10 propositions ont été portées à L'Elysée et à Matignon. Les communistes ont rejoint ensuite les autres manifestations, les Gilets jaunes et celle pour le climat.

La journée de « révolte globale » en faveur de la justice climatique et sociale a suivi, mais également de la lutte contre le racisme et les violences policières. « Les “gilets jaunes” ne luttent pas seulement pour le pouvoir d’achat mais contre les injustices sociales et la prédation des multinationales qui épuisent les ressources de la planète », assure une manifestante.

Un « même combat » qui a rassemblé plus de 100 000 personnes à Paris, dans un cortège surnommé la « Marche du siècle », et plus de 350 000 dans 220 villes de l’Hexagone. Ils étaient 30 000 à Lyon.

Cette mobilisation très forte faisait suite à la grève scolaire de vendredi pour le climat, qui a rassemblé 200 000 jeunes en France, et plus de 1 million dans le monde.

Dans la capitale, la manifestation s’est tenue dans une ambiance calme et pacifique, avec pour slogan « Et un, et deux, et trois degrés, c’est un crime contre l’humanité », rassemblant des militants écologistes, des familles et des jeunes, ensuite rejoints par des « gilets jaunes ».

Beaucoup de personnes  manifestent en pensant aux générations futures, leurs enfants et petits enfants et ils sont nombreux à être accusateurs d'un pouvoir qui fait trop souvent le choix des milliards pour les dominants contre le climat et l'intérêt général

Tous l’assurent, les responsables tant de la crise climatique que sociale sont les mêmes : le capitalisme avec la « complicité » de l’Etat.

Sur la place de l’Opéra noire de monde, ils sont nombreux à se féliciter  de la « mobilisation de plus grande ampleur » grâce à la présence de « gilets jaunes ». « Ceux qui ont le moins de ressources sont les plus taxés », reconnaissent-ils.

Les quatre cortèges de la manifestation (aux mots d’ordre variés : la justice climatique et sociale, la biodiversité, les transports et les solidarités) sont rapidement rejoints par des « gilets jaunes ». Une convergence programmée pour certains, improvisée pour d’autres.

Beaucoup de gilets rouges ou jaunes l'assurent : « les deux combats se rejoignent ». « Tous les “gilets jaunes” sont écolos au fond d’eux, ils ne veulent pas d’un monde pourri pour leurs enfants »,

Des revendications communes émergent, telles que la nécessité de privilégier les circuits courts et la consommation de produits locaux et de saison. Ils n'acceptent plus que notre viande fasse quatre fois le tour du monde avant qu’on ne la consomme, ça coûte cher et ça pollue, Pareil pour les légumes : les nôtres partent à l’étranger et nous, on mange ceux qui viennent d’Espagne, qui sont plus pollués.

Mais pour une partie d’entre eux, les difficultés sociales restent la priorité. On nous met la pression pour acheter des voitures électriques, mais quand tu habites en HLM, tu l’accroches où et tu la paies comment ta bagnole interrogent des manifestants  La taxe carbone a été vécue comme un enfumage, on a fait croire que c’était pour le climat alors que c'était un nouveau prélèvement sur notre dos dénoncent d'autres qui s'étonnent que l'on ai pas taxé le kérosène

L'idée grandit qu'un changement radical de société est incontournable. Ainsi huit Français sur dix demandent qu’on taxe beaucoup plus lourdement les entreprises les plus polluantes.

"On est de plus en plus nombreux à être prêts, le but est de le signifier dans la rue et amplifier la mobilisation", assure le réalisateur et écrivain Cyril Dion, lors d’une conférence de presse avant le départ de la marche.

Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, se félicite de ce moment exceptionnel. "Il doit y avoir un avant et un après. Il y a eu le recours juridique contre l’Etat, l’“affaire du siècle” (le recours en justice de quatre ONG contre l’Etat pour « inaction climatique »), la mobilisation des jeunes qu’on n’avait jamais connue sur les questions climatiques et cette “Marche du siècle” ».

Elodie Nace, la porte-parole d’Alternatiba France, évoque la grande initiative de désobéissance civile du 19 avril pour « bloquer la république des pollueurs », opération qui réunira ANV-COP21, les Amis de la Terre et Greenpeace. Jean-François Julliard rappelle aussi qu’il y aura le G7 à Biarritz fin août, le G7 des ministres de l’environnent à Metz début mai. Avant les élections européennes, une nouvelle grande initiative, à l’image de la grève pour le climat, est programmée pour le 24 mai.

Arrivée place de la République, l’actrice Marion Cotillard s'est réjouie du succès de la manifestation, « Le système montre ses failles, il faut le harceler. S’ils ne prennent pas le train en marche, les dirigeants resteront sur le bord de la route. »