Nouveau gouvernement Castex : à droite toute !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

17 ministres avec Castex

17 ministres avec Castex

Le nouveau gouvernement, dévoilé lundi 6 juillet au soir, va devoir définir quelle politique il entend mener comme la constitution lui en confie la mission. Pendant quelques jours, les médias vont se pencher sur les femmes et les hommes qui le constituent et qui ont fait l'objet du jeu des chaises musicales pour faire croire que tout change mais pour ne rien changer.

Exceptée la désignation surprise Dupont-Moretti à la justice qui risque de faire le buzz médiatique pour tenter de cacher la coloration ultralibérale de ce nouveau gouvernement constitué par Castex en étroite coopération avec Macron. Pour l'essentiel, ces femmes et ces hommes sont connus.

Après la nomination du sarkozyste Castex comme 1er ministre, celles de R. Bachelot (retraitée de 73 ans) à la culture, de Darmanin de droite à l'intérieur alors que l'économie, les finances et la relance sont concentrées dans les seules mains du ministre de droite Le Maire, de la très libérale Amélie de Montchalin à la "Transformation" et des fonctions publiques, tout comme celles d'Elisateh Borne au travail, de Véran à la santé, de JM. Blanquer à l'éducation nationale et la jeunesse ou de  Barbara Pompili, députée LREM, qui prend les rênes du ministère de la Transition écologique. sont très inquiétantes pour l'avenir dans la mesure où elles donnent un profil très à droite du gouvernement dont la politique ne sera pas une surprise.

Accord avec la Droite pour plus d'ultralibéralisme

Elle a été définie à grands traits par le chef de l'Etat il y a quelques jours. Il est toujours accroché à son cap ultralibéral. Ce cap a pourtant amplement démontré ce qu’il a coûté à nos services publics comme aux infrastructures de l’État, et à quel point il tourne le dos aux attentes sociales du pays ainsi qu’aux exigences écologiques ou climatiques.

Certes le nouveau 1er ministre s'est délesté de quelques macronistes encombrants comme Pénicaut au travail, de Belloubet à la justice, Castaner à l'intérieur ou de Sidbeth Ndiaye dont les nombreuses gaffes et gamelles constituaient le fond musical de l'Elysée. C’est du côté de personnalités issues du parti Les Républicains que l’exécutif est allé chercher de nouveaux supplétifs. Loin des postures affichées par la droite, démonstration est faite de la convergence de ses orientations avec le macronisme.

D'ailleurs Mardi matin, Gérard Larcher président du Sénat était satisfait de ce gouvernement qu'il jugera aux actes mais qui est le signe d'une écoute par le chef de l'Etat des électeurs (ceux qui ont voté) qui ont renforcé la droite dans les villes et les territoires lors du dernier scrutin municipal. Larcher comme Macron font l'impasse sur les 60% d'abstentionnistes dont les sondages montrent qu'ils sont très exigeants pour la protection sociale, les salaires, l'emploi ou l'écologie.

Le capital peut dormir tranquille !

Castex le nouveau 1er ministre n'y est pas allé par quatre chemin en annonçant qu'il n'était pas pour un consensus mou, il avancera avec fermeté et s'il le faut en utilisant la force quand la résistance sera grande ! Cela en dit long sur la méthode et sur l'orientation dont on peut les qualifier sans risque de se tromper, qu'elle seront ultralibérales. Si les français sont inquiets, le capital lui peut dormir tranquille !

Bien sur Macron doit donner des gages au capital mais il doit aussi tenir compte de ce qu'expriment depuis plusieurs mois les français. Alors, il essaie de repeindre en vert son projet libéral qui heurte les français qui lui ont fait savoir en ne votant pas pour les listes de LREM qui s'effondre.

Macron parle beaucoup de transition écologique mais refuse d'y mettre des moyens

Le plan qu'il a annoncé le 1er juillet pourrait sonner doux aux oreilles de celles et ceux qui aspirent à une véritable transition écologique. En réalité, ce plan sonne creux tant il est flou sur ses objectifs concrets et sur ses financements.

A tel point que Macron propose un fonds de 15 milliards d’euros sur 2 ans pour financer l’ensemble de ses politiques en faveur du climat alors que la seule rénovation énergétique des bâtiments nécessite à elle seule 15 Mds d’euros par an !

Il faut prévoir un plan d’investissement massif pour les transports, le frêt et les modes de transports doux… La transition écologique nécessite des moyens : ceux que la finance s’accapare et qu’il faut aller lui disputer.

Parmi les 3 mesures balayées d’un revers de manche par le Président des riches et des multinationales, figure celle de la taxe de 4 % sur les dividendes, au motif qu’elle découragerait l’investissement : tout un symbole. Le capital et le Medef applaudissent de tels propos !

Le danger du capitalisme vert !

Emmanuel Macron tente en fait de ravaler la façade d’un capitalisme en crise profonde et responsable des catastrophes financière, économique, sociale et écologique qui s’amoncellent en France, en Europe et à l’échelle de toute la planète.

Symbole fort, ses annonces interviennent le jour-même de la fermeture de la centrale de Fessenheim, préfigurant l’arrêt de 12 autres réacteurs en France, contraignant notre pays à renoncer à ses engagements en matière de lutte contre le réchauffement climatique, puisqu’il faudra compenser cette fermeture par des importations d’électricité fournies par... des centrales à charbon allemandes.

Une véritable transition écologique ne peut se passer d’une transformation radicale des modes de production, aujourd’hui guidés par les exigences de rentabilité à court terme, qui demeurent la seule boussole de Macron. Elle nécessite également d’investir dans nos services publics, notamment ceux des transports, et d’accélérer les investissements en faveur du mix énergétique avec un pôle public de l’énergie fort.

C’est dans cet esprit que le PCF propose un fond d’investissement doté de 200 milliards d’euros annuels pendant 5 ans, financé par l’Etat, la BCE et par une meilleure répartition de nos richesses afin de mettre à contribution la finance, les banques, les multinationales.

C'est ainsi que la France se mettra en situation de relever le défi climatique et de conjuguer progrès social et respect de la planète et de la biodiversité.

Les dossiers chauds de Castex

Le nouveau 1er ministre  reprendra les chantiers commencés par Edouard Philippe notamment:

• La relance de l’économie. La tâche de “reconstruction” est immense. Jean Castex s’est d’ores et déjà engagé à présenter un plan “très rapidement”.

• Le Ségur de la santé. Suspendu par Edouard Philippe faute d’accord avec les syndicats, Jean Castex a fait savoir qu’il souhaitait conclure dès cette semaine.

• La réforme des retraites. Ce dossier brûlant a suscité un très vaste mouvement social entre décembre et février. Jean Castex doit recevoir dès cette fin de semaine les partenaires sociaux à Matignon car Macron s'obstine à vouloir faire passer son projet qui casse notre système solidaire.

• La réforme de l’assurance-chômage. L’entrée en vigueur du 2e étage de cette réforme devait entrer en vigueur au 1er avril, mais la date a été repoussée au 1er septembre.

C’est l’emploi, les salaires, les services publics, notre système de protection sociale et de retraites, notre industrie nationale, nos libertés individuelles et collectives qui vont en faire les frais. Et la crise économique, financière, sociale et écologique, qui balaie la France comme la planète, en sera d’autant plus aggravée.

Cette politique de régression n’a pas de majorité dans le pays.

Les Français.e.s ne veulent pas des aides sans condition aux grands groupes, qui se traduisent en d’innombrables délocalisations, fermetures de sites et plans massifs de licenciements. Ils ont dit par millions, dans la rue, qu’ils refusaient le retour d’une réforme des retraites qui conduirait à l’effondrement des pensions. Ils attendent une politique de relance qui répondent à leurs exigences de justice, non le verdissement de choix qui creusent les inégalités et détruisent l’environnement.

L'heure à la résistance et à la construction de l'alternative

Pour le PCF, l’heure est à la résistance et à la conquête de nouveaux droits en faveur de la majorité de notre peuple. Elle est à l’augmentation des salaires, à commencer par ceux des femmes, « premières de corvée » ces derniers mois, à la sécurisation de l’emploi et de la formation tout au long de la vie, à la réduction de la durée du travail, au développement des services publics, notamment de la santé publique. Elle est à une autre utilisation de l’argent au service du bien commun.

Elle est à la construction d’une alternative, qui mette à l’ordre du jour un nouveau modèle de développement plaçant l’humain et la planète au cœur de tqui inaugure un nouvel âge de la démocratie dans notre pays.

Publié dans Politique nationale, PCF

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C
Bonjour,

J'apprécie particulièrement toutes vos publications, vos synthèses d'actualité et vos positions merci
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